7è FISM, vendredi 5 novembre 2004, 17h30, CNSMDP

Invité : Jean Michel Jarre

Thème de départ : le savoir-faire à maîtriser en termes de prise de son et de mixage multicanal, la difficulté de travailler en 5.1., le DVD Vidéo et la musique...

Jean Michel Jarre et Christian Hugonnet


Jean Michel Jarre :
(bonjour, merci d'être venu, etc.) - Si j'ai fait la musique que j'ai faite, c'est grâce à Pierre Schaeffer, que certainement beaucoup ici connaissent bien, et qui dirigeait le Groupe de Recherches Musicales (GRM). Quand j'ai commencé à étudier la musique électro-acoustique, dont la diffusion multicanal constitue un aspect de base, le disque, stéréophonique à l'époque, m'a toujours semblé limité. Je me suis coincé, limité à deux dimensions, donc à une image plate, devant moi, alors que la musique peut en exploiter trois. J'ai donc toujours rêvé de pouvoir travailler en 3D. Même si la quadriphonie a existé à un certain moment, elle est malheureusement restée au stade expérimental, sans rencontrer de succès auprès du grand public. C'est avec le home cinéma, surtout après l'apparition du DVD, que le grand public a eu accès à des installations 5.1 pour, aujourd'hui, quelques centaines d'euros (même 100 !), ce qui permet au plus grand nombre de s'équiper.
C'est pour cette raison que mon dernier album, Aero, a été prévu en 5.1 dès le départ, en donnant la priorité à cette version plutôt qu'à la version stéréo sur le CD. La difficulté a d'ailleurs consisté à faire comprendre à ma maison de disques que le DVD n'est pas seulement aujourd'hui un support pour l'image, mais aussi pour la musique, dès l'instant où on se met à vouloir travailler en multicanal. Donc, j'ai été confronté au problème de concevoir, en studio, de la musique en 5.1, et, une fois lancé dans l'enregistrement de l'album, j'ai eu envie de revisiter en multicanal quelques-uns de mes anciens morceaux, que j'avais entendus à l'époque en trois dimensions, mais qui n'existaient qu'en version stéréo. Quand j'ai commencé à travailler sur mon Pro Tools, les plug-ins au format 5.1 n'existaient pratiquement pas, et j'ai été confronté au problème que nous connaissons tous, que le monde de la musique est habitué, formaté, à la stéréo, que ce soit en enregistrement ou en mixage, et ceux qui ont une habitude du 5.1 sont rares. Cette expérience est beaucoup plus répandue dans le monde du cinéma, ils ont développé des critères de spatialisation, mais toujours au service de l'image : le traitement des canaux arrière, par exemple, est tout à fait différent de ce dont un musicien a besoin. Pour lui, l'avant et l'arrière possèdent une importance égale, il est susceptible d'y placer n'importe quel type de son, ce qui n'est pas le cas du cinéma, où la musique est essentiellement à l'avant, de chaque côté des dialogues de l'enceinte centrale, avec éventuellement un peu de réverbération dans les canaux arrière. J'ai pour ma part considéré le mixage un peu comme une direction d'orchestre, qui met en lumière tel ou tel aspect des arrangements. Je pensais que le mixage 5.1 serait plus facile, mais j'ai rencontré des difficultés au fur et à mesure. En fait, le 5.1 est plus compliqué que la stéréo, et déjà à l'enregistrement. En stéréo, on peut se permettre d'être plus flou, les sons se rentrent les uns dans les autres, et leur interaction brouille le jeu, ce qui arrange la sauce du studio. En 5.1, tous les instruments se retrouvent isolés dans l'espace, et toute faiblesse dans le jeu apparaît immédiatement. De la même manière que la stéréo a changé la manière d'enregistrer en studio, je suis convaincu que le 5.1 va faire naître une nouvelle forme de musiciens. C'est plutôt la technologie qui génère les styles musicaux plutôt que l'inverse : ce n'est pas Vivaldi qui a inventé le violon, c'est parce que le violon s'est amélioré que Vivaldi a pu composer ses œuvres. Même chose pour le rock avec la guitare électrique, même chose pour les 78 tours, qui ont poussé les pionniers de l'enregistrement à des chansons ou des morceaux de 3 minutes, et aujourd'hui, la technologie du 5.1 reconstitue l'émotion musicale de façon plus organique, plus sensuelle, qu'on écoute un prélude de Chopin au piano ou de la musique électronique.
On sait aussi que dans l'histoire de la transduction sonore, tout a évolué sauf le haut-parleur. Même s'il a évolué, il s'appuie toujours sur le même principe, un morceau de carton dans un coffret pour diffuser de l'énergie sonore à certaines fréquences. La prochaine révolution sera de passer à une diffusion multisource, qui permettra de créer l'impression de profondeur qu'on ne peut pas restituer en stéréo.
Autre aspect : la restitution du son d'un concert dans une salle pose aussi un certain nombre de problèmes. J'ai eu l'occasion récemment de donner un concert à Pékin dans le cadre de l'année de la Chine, et pour la première fois, nous avons tenté, avec Christian Heil de la société V-DOSC, d'effectuer une spatialisation du son en extérieur, et je crois qu'on est arrivés à un résultat tout à fait satisfaisant. Nous sommes sortis de la philosophie de la sonorisation habituelle, qui consiste à empiler des enceintes de chaque côté de la scène. Nous avons découpé dans la zone réservée au public des carrés de 30 mètres sur 30 mètres, soit environ 3000 personnes, et nous avons défini à chaque fois un système de sonorisation 5.1. L'essai a été tout à fait probant, avec une approche tout à fait différente de celle en vigueur dans les salles de cinéma. À l'occasion de la sortie de l'album Aero, en effet, j'ai eu l'occasion de faire la promotion de l'album un peu partout en Europe, et dans certains pays, on a fait écouter cette musique dans des salles de cinéma, et ça pose évidemment un certain nombre de problèmes, dans la mesure où les enceintes d'un cinéma se prêtent mal à une écoute 5.1 musicale… Il faut compter sur ce problème quand on travaille en 5.1 : la partie arrière, surtout, réagit très mal à des spatialisations ou de trajectoire de sons.

CH : On avait, voici quelques années, Alan Parsons, qui avait adopté un mixage apparaissant différemment selon l'endroit où on écoutait dans le champ 5.1 : en fait, un mix stéréo par couple d'enceintes… En se déplaçant ainsi dans la zone d'écoute, on se faisait son propre parcours.

Je me méfie toujours beaucoup de ce genre de raisonnement, assez abstrait. Je crois qu'on commence alors à jouer avec le hasard. Pour moi, un mixage 5.1 doit transporter l'émotion musicale, quel que soit l'endroit où on se trouve pour l'écouter ! Dans le 5.1, il doit y avoir un espace. J'ai du mal à imaginer ce mix stéréo par paire d'enceintes ! Au contraire, je pense qu'un bon mixage 5.1 est celui qui restitue l'idée de départ, où qu'on soit, le mieux possible. On a cité Alan Parsons, j'aime bien ce qu'il fait, mais j'ai l'impression que depuis les concerts en quadriphonie avec Pink Floyd, il est resté marqué par une conception un peu spectaculaire de la spatialisation - qu'on retrouve d'ailleurs sur son CD dts On Air.

Question public : Votre musique est essentiellement basée sur des sons électroniques, mono ou stéréo : pouvez-vous préciser ce qu'apporte, à l'enregistrement, une technique 5.1 ?

Je me suis aperçu, par exemple, qu'il valait mieux enregistrer les sons de synthés en mono, et pas en stéréo. Étrangement, on a beaucoup de mal à spatialiser en 5.1 des sons stéréo ! J'ai aussi tendance, dès l'enregistrement, à placer les sons mono dans l'écoute là où je désire qu'ils soient. Il faut faire attention, aussi aux délais. Le pire, ce sont les réverbes 5.1, qui ont tendance à prendre énormément de place, et à empêcher par la suite toute spatialisation précise.

Question public : Je voudrais revenir sur un point dans la discussion, qui envisageait la possibilité de se déplacer librement dans l'espace sonore 5.1. Est-ce que pour vous, le paradigme de la sculpture sonore (et l'objet sonore cher à Schaeffer), qui se lit dans l'espace que vous avez créé, et qui suscite un déplacement pour en obtenir une lecture différente, est applicable en 5.1 ? L'idée est de découvrir de nouveaux objets sonores en se déplaçant dans l'espace que vous avez créé est-elle théorique, philosophique, peut-elle voir le jour ?

Je suis assez d'accord avec cette conception. Il suffit de se rapprocher d'une enceinte d'un système 5.1 pour créer un « effet de loupe » sur le mixage, découvrir d'autres parties, entendre beaucoup plus précisément des instruments. C'est un cas particulier : le 5.1 n'est pas fait, au départ, pour ça ; à mon sens, il est vraiment fait pour essayer de donner la meilleure restitution possible d'une œuvre, en essayant de remplir l'espace en largeur et en profondeur, mieux qu'en stéréo, où l'espace n'est qu'illusion psycho-acoustique.

Il est intéressant, à ce titre, de comparer les versions stéréo et 5.1 d'Aero. En fait, j'ai pensé qu'il serait plus intéressant de faire la stéréo à partir de la 5.1, et non l'inverse comme c'est plus habituel. Je ne m'y attendais pas, mais je me suis rendu compte que la sensation d'espace est plus importante quand on remixe une version stéréo à partir de la 5.1, sans remonter aux données psycho-acoustiques, mais simplement en repositionnant et en rééquilibrant à l'avant les réverbes et les sons placés à l'arrière. Faire un mixage stéréo complètement séparé n'aurait pas du tout donné la même impression…

Question public : Pouvez-vous nous parler de l'expérience de votre récent concert à Pékin, lui aussi sonorisé en 5.1, avec du V-DOSC ? Le Surround Live fait l'objet de pas mal d'expériences, pas toujours concluantes : quels choix de positionnement d'instruments avez-vous faits ?

En fait, nous sommes partis du principe de restituer au mieux les paysages de l'album, et pas de faire tourner les sons par plaisir - recréer un espace qu'on ne connaît pas forcément dans les concerts habituels. Je jouais sur scène avec un vrai orchestre symphonique augmenté d'instruments traditionnels chinois, et j'ai pu lui donner un son dont on n'a pas l'habitude, comme si on était vraiment dedans, au milieu de l'orchestre. Nous sommes arrivés à contrôler cette impression par la spatialisation. Nous avons obtenu une fidélité qu'on n'a pas l'habitude d'avoir avec des sonorisations traditionnelles. Même au niveau des instruments électroniques, on ne se rend pas vraiment compte de la différence énorme qu'il peut parfois y avoir entre le son direct de l'instrument, tel qu'on l'enregistre sur CD ou DVD, et le son sonorisé sur scène du même instrument, où souvent l'impression est très « mono », avec trop peu d'espace.
Le fait de jouer en extérieur a aussi beaucoup aidé à la recréation de cet espace 5.1, puisque par définition, nous n'étions pas gênés par l'acoustique d'une salle, qui serait venue se superposer à l'espace recréé.
Sur scène, le canal central s'est, en fait, montré beaucoup plus important que je ne le croyais. Même si elle était fixée assez haut, l'enceinte centrale aidait à focaliser l'attention du public sur ce qui se passait au centre de la scène, c'était un peu la colonne vertébrale sonore. Les V-DOSC ne sont pas grosses, ce qui a permis de rester discret tout en apportant énormément au public. On le verra sur le DVD, qui sort en décembre - mixé en 5.1, standard dans le grand public, et plus facile à loger dans un appartement qu'une config 6.1 ou 7.1.
Nous avons mis beaucoup de grave et de bas-médium devant : si on répartit trop les sons vers l'arrière, on a une sorte de déséquilibre. Pour moi, le centre avait exactement le même rôle qu'en salle de cinéma : il sert à réunir la droite et la gauche, qu'on soit en 5.1, 6.1, 7.1, comme les enceintes latérales servent à réunir l'arrière et l'avant.

Question public : Pourquoi un DVD Vidéo « son seul » (ou presque) d'Aero, plutôt qu'un DVD Audio ou un SACD, supports multicanal musique pure ?

Il peut y avoir une confusion, auprès des musiciens, au niveau du DVD Vidéo : il est souvent considéré comme un support essentiellement image, dans lequel le son est subalterne. J'ai décidé de l'utiliser comme support son 5.1 « universel », contrairement au DVD Audio - je suis désolé de la guerre des formats entre le DVD Audio et le SACD, d'une qualité audio supérieure, mais j'ai considéré qu'il existait aujourd'hui, en fait, un support multicanal universel, qui est le DVD Vidéo, présent dans des millions de foyers. Bien utilisé (flux dts pleine bande passante), il offre une qualité sonore 5.1 tout à fait correcte : il faut respecter ce standard par rapport aux gens ayant investi dans des systèmes de Home Theater.
Au départ, j'étais contre le fait qu'il y ait quoi que ce soit sur le plan visuel sur ce DVD : si je voulais utiliser le DVD en tant que musicien, il fallait laisser la prorité au son et pas à l'image. Un intérêt spécifique de la musique est qu'elle permet aux auditeurs de se créer librement leurs images dans leur tête. Comme il restait de la place disponible, nous avons fini par inclure sur le DVD d'Aero un aspect visuel, « accessoire » mais bien présent : ce plan fixe et continu, en haute définition, sans postproduction, de 75 minutes d'un regard de femme, dont les yeux réagissent à la musique en temps réel - mais dont on peut parfaitement se passer !

Question public : Malgré tout, on ne peut s'empêcher d'être attiré par le regard à l'écran, et du coup, intervient une opération mentale : on se met à aller y chercher ce qu'on entend, interpréter les mouvements, leur coller un sens qu'ils n'ont peut-être pas et qui éloigne de la musique…

Encore une fois, cette image est facultative. Elle n'est pas du tout monotone !

Public : moi, ça me dérange, j'ai l'impression qu'elle me regarde…
Votre musique dégage tellement d'émotions à m'écoute que je trouve, à la limite, presque dommage de forcer l'auditeur à voir une image en particulier…

Question public : Pourquoi avoir fait le choix du DVD Vidéo, et non du DVD Audio, sur lequel vous auriez pu mettre, outre le flux Dolby Digital et dts, le mixage 5.1 en haute résolution sonore, 96/24, qui aurait sans doute mieux respecté la chaleur sonore des synthés analogiques ?

Parce que nous voulions une compatibilité directe avec 100% des lecteurs du public, associer dans l'esprit des gens le DVD Vidéo et le son, et que pour les maisons de disques, le DVD Audio est un support encore mal aimé, qui a souffert de l'échec de son pseudo-lancement. Plutôt que du 24/96, que peu de gens peuvent vraiment apprécier chez eux, j'ai préféré privilégier l'idée de la piste visuelle, en soignant l'aspect dts.

Mais le DVD Audio possède toujours un chapitre Dolby Digital, 100% compatible avec les lecteurs de DVD Vidéo !

Il reste, dans l'esprit des gens, un support peu connu, dont on se méfie un peu. De toute façon, dans des conditions normales d'écoute, je défie beaucoup de monde de distinguer le son du flux dts de l'album de celui de mes sessions Pro Tools en 96 kHz/24 bits…

Deux questions : quel temps passé sur cet album 5.1, et comment restituer ce son sur scène ? Pro Tools tourne-t-il sur scène ?

Première question : quatre mois de mixage, à mon rythme, et près d'un mois de mastering, ce qui est énorme. Il m'a fallu beaucoup de temps pour traiter la dynamique, notamment.
L'ingénieur qui a fait le mastering était présent au concert de Pékin, ce qui a beaucoup aidé à recréer sur scène le son de l'album. Comme tous les albums de musique électronique, il y a beaucoup d'éléments en jeu, ce qui oblige à utiliser, sur scène, un Pro Tools synchronisé afin de les recréer sans les fabriquer en temps réel. Cela dit, sur le DVD Live, presque rien n'a été refait en studio au niveau du son, tout a été enregistré et conservé, à part par exemple quelques percussions un peu sous-modulées. Les parties de l'orchestre symphonique et des solistes avaient été pré-enregistrées avant le concert, mais l'orchestre a aussi joué en direct et nous en avons utilisé 50/50 au mix, ce qui était très intéressant. Les solistes, eux, auraient été difficiles à sonoriser, ils étaient donc présents sur scène mais leur son pré-enregistré. L'album live a été enregistré sur 8 DA-98, soit 64 pistes.

Quel est le surcoût de ce concert en 5.1 par rapport à un concert stéréo normal ?

La société qui a collaboré avec nous sur ce projet, L Acoustics, a travaillé en partenariat depuis le début pour trouver les solutions. Nous étions dehors ; sonoriser en 5.1 serait probablement plus difficile dans une salle. On y gagne toutefois énormément en précision, et les sons diffusés à l'avant n'ont pas le temps d'aller se réfléchir à l'arrière puis de revenir, ils sont « bloqués », si je puis dire, par ce qui est diffusé à l'arrière. Même dans une salle pas faite pour, le 5.1 pourra donner de bons résultats. Le surcoût ne me semble pas élevé.

J'ai une question concernant votre approche artistique : comment, à partir de rien, avez-vous défini la spatialisation des sons au fil de la composition, leurs mouvements ? Au fur ou à mesure, ou seulement à la fin, quand ils étaient tous là ?

Il n'y a pas de système général. Par exemple, une boucle de percussions, j'avais tendance à l'écouter de façon neutre, puis au fur et à mesure que j'avançais, son emplacement dans l'image sonore se précisait. Même principe pour les délais, par exemple. Le conseil que je donnerais, si je peux me permettre, aux gens qui sont ici : si vous avez des plug-ins de réverbe 5.1, c'est extrêmement dangereux. Il peut être tentant de « 5.1iser » un synthé mono avec un effet multicanal, mais au final, une fois intégré dans l'espace sonore, on n'arrive plus rien à en faire...
Autre aspect : en 5.1, le mastering est bien plus important qu'en stéréo. Notamment au niveau de la densité spectrale du son, par bande, de la clarté des mouvements dans l'espace, de la dynamique. Même chose en sono, et aussi en diffusion télé ! C'est un poste à ne pas négliger : à mon avis, un ingénieur/technicien à prévoir en permanence.

Quelques précisions sur le concert de Pékin...

300 m3 d'équipements divers
100 kW de son 5.1
20 km de câbles
Le système de sonorisation comprenait 36 V-DOSC, 108 dV-DOSC et 24 caissons de graves SB218, ainsi que 115 retours FM et 130 amplificateurs LA, 30 processeurs de sonorisation XTA, 9 BSS SoundWeb

Sur scène, outre Jean Michel et Francis Rimbert : l'Orchestre Symphonique de Pékin (85 musiciens), l'Orchestre National de Chine (72 musiciens), les Choeurs de l'Op?ra Chinois (72 chanteurs) + 100 danseurs.

Le DVD « Live in Beijing » est sorti le 6 décembre 2004

 


 

Mis en ligne le 15 décembre 2004. Copyright © 2004 Franck Ernould

(franck.ernould@sfr.fr)

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