Hérouville
La vie de Château


Peu de studios ont laissé une empreinte aussi marquante que le studio du Château d'Hérouville, tant en France qu'à l'étranger. Disques mythiques et stars de tous horizons se sont succédé près de Pontoise dans cette gentilhommière du XVIIIè siècle, recyclée en studio résidentiel à la fin des années 60 par son propriétaire, Michel Magne. Une belle histoire, en suspens depuis 1985...


Un gros et beau livre sur l'histoire du studio du Château et de Michel Magne (600 pages, grand format, plein de photos...) est en cours, sortie prévue fin 2009/début 2010. J'invite tous les anciens, quel que soit leur domaine d'activité, qui tombent sur ces pages (ou ceux qui en connaissent !) à me contacter, franck.ernould@sfr.fr. MERCI !

English Version HERE Herouville in English





On ne peut pas parler du Château sans évoquer la personnalité de celui qui a créé ce lieu à son image...

La carte de voeux envoyée par Michel Magne à ses amis en 1957.
Ce dessin est signé Gérard Dulac, alias Gérard Delassus. Merci à lui de m'avoir confié cette pièce rare !

Lorsque Michel Magne, compositeur électroacoustique et symphonique, arrangeur, grande figure de Montmartre dans les années 50, ami de Sagan, Vian, Salvador, Loussier, Barclay ou Mouloudji, reconverti depuis peu dans la musique de film, entend parler pour la première fois de cette grande demeure en ruines, un ancien relais de poste construit sur les ruines d'un château fort, qui abrita, dit-on, les rendez-vous galants de Chopin et de George Sand, il est sur le point d'être chassé de son appartement de Versailles... Après visite, il en tombe amoureux. Il l'achète avec un ami en 1962, se réserve l'aile gauche (qui représente déjà plusieurs centaines de mètres carrés habitables...), et se met en tête de la restaurer de fond en comble, sans considération de budget, en utilisant ce qui se fait de meilleur, de plus beau. Pour financer ces travaux dispendieux, le voilà obligé de composer plus de 10 musiques de films par an (notamment tous les "Fantômas" et "Angélique", "Les Tontons Flingueurs", "Mélodie en sous-sol", "Les Barbouzes" et cent autres...). Ce qui lui permettra, après le décès accidentel de son ami, de racheter l'autre aile, qui subira elle aussi une rénovation complète.

L'aile gauche du Château, vue du parc en 1967. La piscine se devine en amorce à droite. Le tennis est hors champ à gauche.

Déjà à cette époque, Michel Magne, bon vivant et grand gourmet, invite sans cesse des réalisateurs, des musiciens, des artistes... lors de fêtes comptant parfois plus de cent convives - on se souvient notamment d'un week-end de trois jours à thématique médiévale, supervisé aux fourneaux par Raymond Oliver lui-même, vers 1966. Il s'aménage piscine, tennis, atelier de travail, salle de musique, véranda, volière... Hélas, un incendie sans doute d'origine criminelle (l'affaire n'a jamais été élucidée) endommage gravement l'aile gauche, la plus jolie, le 26 mai 1969, détruisant toutes les partitions, les bandes, les disques, bref toute l'œuvre de notre prolifique et génial compositeur. Qu'importe : là où d'autres auraient été anéantis, lui repart de plus belle, décidant même de s'aménager, à vocation privée, un studio d'enregistrement dans les combles de l'aile droite.


La salle de musique de Michel Magne, en haut de l'aile gauche, en 1967. Plus de 150 m2 pour travailler, jouer, créer...

Géniale intuition

Le but ? Travailler tranquillement sur ses compositions, faire venir des instrumentistes, essayer des trucs avec eux sans contrainte de temps : le home studio avant la lettre ! Tout commence donc dès le mois d'août, avec un 4 pistes Ampex d'occasion et une console de radio Diffona, entièrement refaite par son vieil ami électronicien Gérard Delassus, assisté par les jeunes Gérard Buisset et François Decreton. Il faut ensuite acheter des écoutes, aménager et câbler le studio mansardé de plus de cent mètres carrés et 8 mètres de hauteur sous plafond, avec poutres apparentes et lustre d'époque (récupéré de la salle de musique de l'aile gauche), acheter des périphériques, des micros, changer les portes... Très vite les factures s'accumulent, et Michel Magne se dit que pour rentabiliser ces investissements, il vaudrait mieux transformer l'endroit en studio commercial, en créant une société d'exploitation
ad hoc. Évidemment, nous sommes loin de Paris, mais les musiciens, les chanteurs et les groupes pourront manger et dormir au Château, qui possède plus de dix chambres dans chaque aile et dont le parc, avec piscine et tennis, s'étend sur plusieurs hectares... L'aile gauche sera réservée au côté résidentiel clients (12 chambres !) et restaurant, avec baby foot, table de ping pong, flipper, véranda ; la droite, au studio, aux bureaux, et à l'habitation des permanents du Château (pour ceux qui le désirent), plus encore 3 chambres.

prospectus Hérouville

Le premier dépliant du Studio d'Hérouville, début 1970.
de gauche à droite : Gérard Delassus, Michel Magne, Dominique Linné (assistante) et Anne-Marie David (chanteuse)

Ce faisant, Michel Magne a l'intuition géniale du concept de studio résidentiel, complètement inconnu alors. En effet, les "beaux" studios parisiens sont pour la plupart possédés par les grandes maisons de disques elles-mêmes (Philips, Barclay, Decca, Pathé...), d'où une ambiance un peu guindée, assez formaliste voire tatillonne (cravate obligatoire, séparation stricte des tâches, communication par formulaires et notes de service, plannings établis un an à l'avance en fonction des sorties discographiques exigées par le service marketing du label...) ; on compte alors peu d'indépendants dans le métier (Europasonor, Acousti et Davout notamment). Le fossé se creuse entre un personnel technique plus ou moins fonctionnarisé, qui n'a abandonné sa blouse blanche que depuis peu, et des musiciens et chanteurs qui se laissent pousser les cheveux et qui clament haut et fort leur volonté de changer la musique et le monde. C'est l'essor de ce qu'on appelle la pop music, des Beatles, des Beach Boys, des Rolling Stones, et on passe du concept de "chanteur accompagné" au concept de groupe... Dans le climat d'après Mai 68, certains artistes ressentent mal l'obligation d'utiliser les studios de leur maison de disque. Bref, dans un tel contexte, aller enregistrer à 30 km de Paris et vivre quelques semaines là où on crée, dégagé de toute contrainte horaire, sans la pression de la ville, devient très attirant...

La chambre de Michel Magne, dans l'aile gauche, en 1967. La "moquette" est de la peau de chèvre.
Dormiront dans cette chambre, entre autres, Elton John, David Bowie, Stevie Nicks...


Un certain DBF

Le 18 novembre 1969, Michel Magne crée donc la S.E.M.M. (Société d'Enregistrement Michel Magne), et baptise son local Strawberry Studio. Les débuts sont un peu laborieux, et malgré les nombreuses connaissances de Michel dans le show biz, les premiers clients du Château ne seront pas français, mais anglais et américains ! Sans doute l'influence du Directeur Artistique Jean Fernandez, grand ami de Magne, parti s'installer aux USA pendant plusieurs années, qui bat le rappel dans son carnet d'adresses. Arrivent donc coup sur coup Canned Heat avec Buddy Guy, Memphis Slim, Julio Fin, Rex Foster et Marilyn, Slam Stewart, Milt Buckner, Jo Jones... Autant de musiciens célèbres à l'époque, qui ne passent que quelques jours, mais qui contribuent à asseoir le renom du Château. Tous adorent le son du studio lui-même, dont les vastes fenêtres donnent sur trois angles différents, sans un mur parallèle, aux grosses poutres apparentes et au volume impressionnant, dans lequel Magne a fait construire plusieurs cabines d'isolation. La cabine d'écoute elle-même, surélevée de quelques marches, prend place près de l'entrée, et on y accède par un petit escalier depuis le studio, avec une double porte d'isolation acoustique. Son équipement progresse - 8 pistes Scully 280, Dolby. À Gérard Delassus succède à la console, fin 70, Gilles Sallé, qui s'occupe des premiers groupes - c'est notamment lui qui enregistrera en avril 71 les mythiques albums "Camembert Électrique" de Gong et "Obsolete" de Dashiell Hedayat - puis arrive un certain... Dominique Blanc-Francard.

Le disque de Rex Foster, Roads of Tomorrow, un des premiers enregistrés au Château, début 70. Sorti en France chez Barclay.


Celui-ci travaille alors à Paris comme preneur de son au studio E.T.A., rue de Rennes. C'est Pierre Lattès, un Directeur Artistique, qui l'a emmené en 70 pour la première fois à Hérouville. Dominique a visité le studio, discuté avec Michel Magne, mais les choses en sont restées là. Quelques mois plus tard, Jean Fernandez, notre D.A. chez Barclay et néanmoins ami de Magne, lui propose d'y venir terminer un album d'Eddy Mitchell
(Zig Zag), prenant la suite d'un ingénieur du son anglais (Glyn Johns, pour ne pas le nommer). Voilà DBF qui travaille donc pendant quelque temps le jour à Paris, la nuit à Hérouville. Il s'aperçoit que le studio "sonne" d'enfer, qu'il est parfaitement possible de bosser là-bas même si rien n'est standard, à l'intérieur comme à l'extérieur, et entrevoit lui aussi le potentiel commercial et artistique du Château. Il démissionne alors d'E.T.A et est embauché par Michel Magne en Février 1971. Il fera beaucoup pour le renom du Château !

Doubler la mise

Ses amis de ce qu'on appelle alors la "pop music" le suivent au Château, qui reçoit aussi, en client assidu, le responsable du label Thélème, Directeur Artistique et bassiste, ex-membre fondateur de Magma : Laurent Thibault. Tous les clients apprécient le côté résidentiel du Château et de ses innombrables chambres, la cuisine réalisée par un Chef-poète de la bande de Montmartre (Serge Moreau), qui travaillera là à demeure, avec un assistant, jusqu'au départ de Magne, sans oublier la piscine, le tennis, le parc arboré de deux hectares avec étang dans le fond, la cave apparemment inépuisable... Michel Magne adore rencontrer et recevoir chez lui toutes sortes d'artistes et, en bon hôte, tient absolument à ce que ceux qu'il accueille repartent satisfaits. Et tous les week-ends, des fêtes accueillent dans le parc des centaines de membres du show-biz français et étranger.

Le summum est atteint en juin 1971, lorsque le Grateful Dead, qui a dû annuler une semaine auparavant sa prestation au Festival d'Auvers-sur-Oise pour cause d'intempéries, donne devant mille personnes un concert privé resté magique dans le parc du Château. Les caméras de l'émission musicale Pop 2 sont là pour immortaliser le concert, le 21 juin. Des MP3 du concert circulent aujourd'hui encore sur Internet. Conséquence : le Château devient un endroit crédible pour les Français comme pour les Anglais. Peu après arrive Bill Wyman, le bassiste des Rolling Stones, en tant que producteur. Il passera une bonne partie de l'été à Hérouville – il sort de l'enregistrement de Exile on Main Street, produit par Andy Johns (le frère du précédent) dans la maison provençale de Keith Richards, et l'ambiance qu'il trouve au Château n'a rien à voir !


Jerry Garcia (Grateful Dead) dans la salle à manger du Château d'Hérouville, aile droite.
Notez, au mur, la toile de Michel Magne à gauche, et une autre, en amorce à droite.

La générosité de Michel Magne envers ses hôtes-clients est malheureusement incompatible avec les impératifs de la gestion d'une société commerciale. Devant l'énormité des "frais fixes", il est décidé de construire un second studio, afin de doubler (en théorie...) les recettes de la SEMM. Il est aménagé dans un autre bâtiment, en contrebas, dans les dépendances de la cour, à grands coups de béton – et dispose de sa propre entrée, via une grille donnant sur la route d'Hérouville. Michel Magne tient à s'occuper de tout : conception, réalisation, décoration, confiant dans les talents de son maçon/plâtrier Louis Dégremont... Équipé d'une superbe console quadriphonique 40 voies Van Hall fabriquée sur mesure, au placage en Formica orange (la console du studio du haut en reçoit un, elle aussi !), de formes assez révolutionnaires (plates-formes arrondies pour la batterie, grande cabine prévue d'origine pour 4 enceintes (quadriphonie, toujours !), vitre panoramique surplombant le studio, à l'opposé de la cabine, et desservie par un accès indépendant, pour venir voir/photographier/filmer les séances sans déranger les artistes... Hélas, le studio Chopin n'aura jamais une acoustique naturelle à la hauteur de celle du studio George Sand, celui du haut, dont les chambres d'écho acoustiques (la rouge, la blanche, la noire) sont restées célèbres : ce sont d'anciens salons de l'aile gauche, incendiée, que Michel Magne a entièrement bétonnés afin de renforcer la structure inférieure du bâtiment, avant d'en recouvrir les murs de matériaux réfléchissants, et où Gérard Delassus avait installé une enceinte et deux micros à chaque fois. À quelque chose, malheur est bon... Résultat : ce sera dans le Chopin du bas que travailleront le plus souvent, dès le début 1972, les artistes français, les Anglais ayant l'honneur de se réserver le George Sand du haut...

La publicité du studio du Château en 1972. Nous sommes dans l'aile droite.
Dans le fond, Gilles Sallé ; au milieu, DBF ; au premier plan, Michel Magne.


Le gros son

Et des artistes anglais, il en défile pléthore au Château ! Depuis que Bill Wyman, mis en confiance par le passage du Grateful Dead, est venu y produire, à l'été 71, deux albums pour deux groupes différents (Tucky Buzzard et John Walker, des Walker Brothers), et que, très content du son des bandes mixées dans le Rolling Stones Mobile, il a parlé autour de lui de cet endroit singulier, il y a toujours du beau monde à Hérouville. Le plus fidèle est sans conteste Elton John, qui met en boîte sous la houlette de Ken Scott, au studio George Sand, entre janvier 1972 et avril 1973, "Honky Château", "Don't Shoot Me, I'm Only The Piano Player" et "Goodbye Yellow Brick Road" (ressorti en 2005 sous forme de double SACD, avec les fac-similés des feuilles de pistes des bandes, et un DVD documentaire Eagle Vision où on voit abondamment le Château en son âge d'or). Le son de batterie de ce dernier album, concocté par l'ingénieur du son Gus Dudgeon
avec l'aide de la magnifique couleur du studio et des chambres d'écho naturelles (la rouge, la noire et la blanche), sans oublier la fameuse Elton-box faite sur mesure par le menuisier du Château, Bernard Laventure, restera pendant de longues années une référence pour les producteurs et ingénieurs du son du monde entier.

Parmi les clients illustres, citons aussi Pink Floyd (Obscured by Clouds, enregistré sur deux semaines en février/mars 72, entre deux parties de tournée mondiale), Rod Stewart, Cat Stevens (Catch Bull At Four), Terry Riley (la B.O. du premier film de Joël Santoni, Les yeux fermés), Garfunkel, Julie Driscoll and Spontaneus Music Ensemble, Marc Bolan et T-Rex (l'occasion pour DBF de prendre des leçons de prise de son rock auprès de Tony Visconti lui-même !), Magma (1001 degrés C y est mis en boîte du 5 au 10 avril 71), Gong (mai/juin 71, pour Continental Circus, Camembert Électrique, Mother de Gilly Smyth et Obsolete de Dashiell Hedayat) Pierre Vassiliu (Attends, du 19 au 23 novembre 1972), Claude Nougaro (Locomotive d'or, enregistré en grande partie... dans la cour du Château !), Claude Engel, Alain Markusfeld (Le son tombé du ciel, avec Laurent Thibault à la basse et DBF au Moog et au VCS3), Dick Rivers (Rock'n'Roll Star), Adamo (C'est ma vie), Dan Ar Braz avec Alan Stivell (Celtic Rock)... Pas moins de 30 disques sont enregistrés à Hérouville cette année-là, selon la brochure du Château. Le preneur de son Gilles Sallé est parti fin 71, Andy Scott le remplace illico aux manettes. DBF est toujours en place. Christian Gence travaille aussi au Château. Les soeurs Catherine et Isabelle Philippe-Girard ont fort à faire pour tenir le planning et satisfaire la clientèle étrangère – recruter des cuivres français pour Elton John, par exemple, ou lui faire découvrir un jeune violoniste prometteur appelé... Jean-Luc Ponty, alors tout auréolé de son passage chez Frank Zappa.

Le premier album solo de Claude Engel, enregistré au Château en 1972,
avec entre autres son frangin Celmar, Francis Moze, Bernard Lubat, Anne Vassiliu...


Toutefois, Michel Magne, qui a repris en 72, pour son vieil ami Jean Yanne, sa casquette de compositeur ("Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", puis "Moi y en a vouloir des sous" et "Les Chinois à Paris"...) constate qu'il s'est laissé éloigner de son métier original. Il se sent un peu à l'étroit dans son rôle de propriétaire de studio, et cherche à négocier un accord pour "passer la main" et pouvoir de nouveau se consacrer entièrement à la composition. Après avoir envisagé un partenariat avec les studios anglais Trident, puis avec Richard Branson (Virgin, qui crée peu après le studio résidentiel The Manor dans un château en pleine campagne anglaise, coïncidence...), c'est finalement avec Yves Chamberland, le patron des studios parisiens Davout, qu'il signe le 30 juin 1972 un protocole d'accord selon lequel il lui cède toutes les parts de la S.E.M.M. pour 1 F symbolique – la société annonce un passif de 600 000 F de l'époque (à peu près autant d'euros aujourd'hui). La brève période Chamberland commence...

Vaches maigres

En reprenant la gérance du studio d'Hérouville, Yves Chamberland voit une occasion rêvée d'élargir sa clientèle parisienne du studio Davout (qui a compté plus d'une fois Michel Magne parmi ses clients dans les années 60) vers l'international. Notre homme applique au Château des critères de gestion assez stricts afin de stopper l'hémorragie financière d'un endroit qui compte alors une bonne vingtaine de salariés (secrétaires, hôtesses, femmes de ménage, cuisiniers, menuisier, ingénieurs de maintenance...) et seulement deux ingénieurs du son, DBF et Andy Scott, qui travaillent sans assistants et assistent les ingénieurs du son amenés par les artistes anglo-saxons. Chamberland remplace la console du haut pour une MCI et un magnétophone 16 pistes de la même marque, plus standard et qualitatif que l'équipement précédent, et serre la vis au niveau de l'hébergement, de la qualité des repas et des services – ce qui se traduit par une certaine compression de personnel. Un climat un rien austère auquel les clients d'Hérouville ne sont pas du tout habitués... David Bowie, notamment, qui enregistre pendant trois semaines, en juillet 1973, des pistes pour son album
Pin-ups, et qui se plaint, dans une lettre, d'avoir mangé beaucoup de pommes de terres, ou Jethro Tull, qui repart déçu par l'accueil et par la qualité technique des prestations. Les musiciens de Uriah Heep, qui enregistrent Sweet Freedom avec Peter Gallen, en juin/juillet, ne se plaignent pas. Et le groupe Au Bonheur des Dames vient mettre en boîte "Oh les filles" au Château - un titre qu'avait enregistré, au début les années 60, un groupe nommé Les Pingouins, où officiait, à la basse, un certain... Dominique Blanc-Francard. L'histoire a de ces clins d'œil ! C'est François Dantan qui s'occupe alors de la supervision technique des studios du Château pour Yves Chamberland.

DBF dans le studio du bas, travaillant sur son album solo, Ailleurs, en 1972. Oh, la belle console orange !


Confronté à un passif deux fois plus important qu'annoncé, que Michel Magne n'entend pas combler, Yves Chamberland fait nommer un administrateur judiciaire un peu filou, qui ne traite pas la situation comme il le devrait. Tout le monde lance alors des procédures judiciaires contre tout le monde : 1,2 millions de Francs à trouver, ce n'est pas rien ! À la rentrée 73, les frictions grimpent d'un cran, divers départs précipités et conflits débouchent sur la démission de DBF (début octobre) puis d'Andy Scott, ce dernier refusant d'aller travailler à Davout comme le lui demande son nouveau patron. Chamberland se désengage alors totalement du Château en récupérant tout son matériel. Un certain Jean-Pierre Ezan supervise un temps l'activité du studio, en compagnie de l'ingénieur du son Claude Harper, qui y enregistre entre autres une B.O. pour le documentaire musical de Claude Faraldo,
Tabarnac, autour de la tournée du groupe québécois Offenbach. Puis la situation se dégrade pendant l'hiver 1973/74 : en l'absence d'exploitation commerciale du studio, les lieux sont squattés, détériorés, le parc laissé à l'abandon...




La pochette de
Ailleurs (Riviera 521 209).


La seconde vie du Château

Aidé par son "conseil" Jean-Claude Delaplace (issu du milieu des bureaux d'étude automobiles, passionné de musique, et dont le neveu connaît Laurent Thibault), Michel Magne cherche qui pourrait bien reprendre le studio du Château. En février 1974, leur choix se porte sur... Laurent Thibault - l'ex-patron du label Thélème et ancien bon client du Château, devenu producteur free-lance, pour Gérard Manset par exemple. Avec sa future épouse Jacqueline, Jean-Claude Delaplace, Pierre Calamel et Pierre Aupetit, Laurent Thibault accepte la mission impossible : maintenir l'activité du studio et à rembourser le passif de la SEMM. L'accord officiel est signé le 24 juin 1974, Thibault et Delaplace sont les principaux associés de la nouvelle société d'exploitation (la SELT), et l'équipe prend immédiatement possession des lieux, qui sont en piteux état. Il ne reste plus un seul appareil audio, les fils sont sectionnés au ras du plancher, la console du studio du bas détruite à coups de masse, de nombreuses vitres cassées, les pelouses du parc font 50 cm de haut... Aidés d'une bande de copains, les nouveaux "châtelains" font des miracles. En trois mois, ils remettent le Château debout, et la première séance a lieu en Septembre, pour l'album d'un chanteur-ami de Laurent, Alain Kan (celui de La vie en Mars,qui vient enregistrer les maquettes de l'album Et Gary Cooper s'éloigna dans le désert) – avec Jean-Pierre Bameulle aux manettes, qui finalisera et mixera l'album au studio de Milan avec Laurent Thibault. Le studio du bas, dans la cour, a été transformé en salle de répétitions, et celui du haut accueille désormais une console Auditronics et un 16 pistes Scully. Les ingénieurs du son Andre Harwood et Claude Harper assurent aussi quelques séances fin 74 et début 75. Devant le refus de DBF, devenu entre-temps un des premiers ingénieurs du son free-lance français, de revenir travailler à Hérouville, Laurent Thibault se met lui-même à la console, et s'en sort, de son propre aveu, pas trop mal, grâce à une approche souvent nouvelle et inventive ! Le premier "vrai" client s'appelle Christopher Bell (en octobre 74, pour quelques titres de l'album I Am The Cosmos, enregistrés par Claude Harper), puis arrivent Aldo Romano, Marc Bolan (ex-T-Rex)...

La réédition 2007 des trois premiers albums d'Alain Kan. Deux ont été enregistrés au Château.
Une pure merveille, à redécouvrir !

Alain Kan revient pour Heureusement en France, on ne se drogue pas, sorti début 76. La console Auditronics "jetable" est ensuite remplacée par une API, que Laurent Thibault décide d'implanter dans le sens de la largeur (ce qui est assez inhabituel !), et un Studer A80 24 pistes (pour lequel Jean-Claude Delaplace hypothèque son appartement...) prend place en cabine. Le directeur technique du Château s'appelle Jean-Pierre Lafont (qu'on ne présente plus !), puis, un peu plus tard, Philippe Melkonian (aujourd'hui chez Sony France). En 1975, seront aussi enregistrés des albums d'Higelin (Irradié), Tom Jones, Hawkwind, John McLaughlin & Mahavishnu Orchestra (Inner Worlds), Transit Express, puis, début 76, Rick Wakeman (No Earthly Connection)... Les affaires tournent à nouveau. Même Elton John revient, pour répéter à la campagne des concerts prévus à Wembley. C'est Pierre Calamel, anglophone émérite, qui, les cinq premières années, s'occupe des clients anglo-saxons. Pour la petite histoire, un film pornographique a été tourné en 1975 au Château. Saurez-vous le dénicher sur le Web ? ;-)

1976, année magique

En 1974, Elton a enregistré un album au studio américain Caribou, dans les Rocheuses, et il est resté ébahi devant des écoutes révolutionnaires, conçues et réalisées par un acousticien nommé Tom Hidley. Lors de son passage au Château, il recommande chaudement à Laurent ces grosses enceintes acoustiques Westlake, qui font littéralement partie du mur avant de la cabine au lieu d'être suspendues au plafond ou posées sur un pied. Laurent, convaincu, fait venir Hidley, qui installe au Château, à l'automne 1975, son premier système en Europe. Bien évidemment, Hidley envoie nombre de visiteurs à Hérouville pour se rendre compte sur place de sa qualité. Et le studio tourne dès lors 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, accueillant un tiers d'artistes français, deux tiers d'étrangers, comme du temps de sa splendeur quelques années auparavant...




Séances David Bowie/Iggy Pop/Tony Visconti, juin & septembre 76.

1976 est une année très active pour le Château. Rick Wakeman la commence par l'album No Earthly Connection (enregistré sur trois mois !), puis David Bowie revient avec son ami Iggy Pop, Brian Eno et le producteur Tony Visconti (lui aussi un « ancien » !), enregistrer des titres pour lui (Low) et l'album d'Iggy, The Idiot. En juin et septembre, il s'intercale entre le groupe Bad Company (Burning Sky, Chris Kimsey aux manettes) et Yves Simon (Macadam), Jacques Higelin enregistrant Alertez les Bébés dans la Bergerie (où il habite depuis la fin 74, jusque fin 78) avec Paul Scemama. Reportage dans "Rock & Folk" (Philippe Manoeuvre, souvent de passage à Hérouville, manque de s'étrangler avec son café quand il voit arriver dans la cuisine du Château, en toute simplicité, le Thin White Duke lui-même), séances photos diverses : Hérouville est alors redevenu un mythe, à la pointe de la technique qui plus est : harmoniseurs, délais numériques...

Début 1977, envoyés par Polydor UK, les Bee Gees, alors commercialement un peu en perte de vitesse et en rupture avec leur producteur historique, Arin Mardif, acceptent de venir si le Château s'équipe avec les derniers produits haut de gamme MCI sortis (24 pistes, 4 pistes, 2 pistes, et console Série 500, équivalent d'un couple SSL9000J/Sony 3348 dans les années 90 - le top du top !). Sans doute une volonté de leurs producteurs, Karl Richardson et Albhy Galuten... Là encore, Laurent Thibault accepte, Jean-Claude Delaplace finance, Pierre Calamel gère le planning et le suivi. Les frères Gibb passent trois mois au Château, composent et enregistrent les six plages qu'on retrouvera sur l'album Saturday Night Fever, le film sortant en fin d'année, puis mixent un double album live. Viennent ensuite enregistrer Rainbow (le premier album), Transit Express, Sweet, les Rubettes, Magma... et le défilé se poursuit en 78/79, un peu plus franco-français : Marcœur, Lavilliers, Bréant, Saint-Preux (Atlantis), Factory, Weidorje, Higelin toujours (No Man's Land, avec son premier tube, Pars, produit par Laurent Thibault lui-même)... Sans oublier Two A Day, un album de Chet Baker, mis en boîte la nuit du 29 décembre 1978. 1979 démarre aussi fort bien, mais c'est alors que le passé rattrape un Château redevenu florissant, sous forme d'une mise en vente de ses murs aux enchères.


Des nuages sur Hérouville

La machine judiciaire déclenchée par Yves Chamberland en 1973 ne s'est en effet pas arrêtée. Le 27 septembre 1974, l'administrateur judiciaire étend la liquidation des biens de la S.E.M.M. aux biens propres de Michel Magne. Celui-ci, parti s'installer dans le Sud avec femme et enfant, épuisera toutes les voies de recours possibles, sans succès, en dépit des pronostics de divers experts consultés. Il semble que le rôle de l'administrateur judiciaire (qui fait alors office de syndic des faillites) soit un peu trouble dans l'affaire : mal conseillé au départ, Yves Chamberland risquait de perdre son studio Davout pour rembourser le passif du Château. Ne pouvant déboulonner l'administrateur judiciaire, il se retrouve obligé de s'attaquer à Michel Magne. Lequel, évidemment, ne peut que se défendre...

Cinq ans plus tard, aucune échappatoire : après une première tentative infructueuse, les murs du Château sont vendus le 7 juin 1979, séparément pour la Bergerie (grange faisant face à celle où est aménagé le studio du bas, où ont habité Magne puis Higelin de fin 1974 à fin 1978, qui ne possède pas d'issue commune avec le Château) et pour le Château lui-même. C'est un promoteur immobilier qui emporte le morceau, pour 1,4 millions de Francs. "Une somme que j'aurais pu rassembler, mais je n'aurais jamais cru que le Château partirait si peu cher !", avouera Laurent Thibault des années plus tard.

Le studio du haut, vers 1978. Console et magnétos MCI, écoutes Tom Hidley intégrées au mur avant, lumière du jour...

Dans un premier temps, le nouveau propriétaire laisse ses locataires poursuivre leurs activités. Laurent Thibault, qui avait cessé de prendre des séances au planning, convaincu qu'il était de devoir faire son baluchon le 8 juin au matin, transfigure donc avec Jacques Higelin, dans une ambiance de liberté artistique totale, les bandes que celui-ci a rapportées de séances un peu ratées en Louisiane avec les musiciens de Lou Reed. Il en résultera le formidable double album Champagne pour tout le monde... Caviar pour les autres. Un des chefs-d'œuvre de son auteur et de Laurent. Il est suivi d'un autre projet atypique, le rock-critique Patrick Coutin venant enregistrer J'aime regarder les filles. Puis les séances reprennent leur cours normal – même si les finances sont au plus bas, ce qui conduit à ne chauffer que certaines parties du Château pendant l'hiver 79/80. Le promoteur fait ensuite signer à Laurent un bail précaire de deux ans, puis se montre soudain plus exigeant, augmentant le loyer, caressant des projets plus lucratifs. Projets contrecarrés avec succès par l'équipe du Château, qui a fait classer la mare de la cour de droite et l'escalier de l'aile droite !

La mort du Château

Jean-Claude Delaplace décide de repartir dans son activité originale, le bureau d'études automobile, en février 80. Pierre Calamel le suit quelques mois plus tard, ainsi que Michel 'Boa' Marie, assistant au Château depuis fin 1975. Au début des années 80, le défilé d'artistes illustres continue pourtant : dans le désordre et entre autres, Yellow Magic Orchestra, Michael Schenker, Wasis Diop, Gisor, Marvin Gaye, Trust, Jean Guidoni... Quelques musiques de films aussi, dont l'inoubliable
Tchao Pantin, signé CharlÉlie Couture. C'est l'équipe du Château qui permet à Patrick Coutin d'enregistrer, dès 1979, "J'aime regarder les filles" - revendant ensuite la bande à CBS qui ne sort le disque qu'en 1981. Et encore un tube !

Quelques illustres anciens débarquent parfois sans prévenir, pour une visite amicale - les Bee Gees par exemple. En 1982, Fleetwood Mac réserve plusieurs mois de studio... et fait faire des travaux spécifiques - décoration de chambre en satin rose pour Stevie Nicks, une des chanteuses, ou escalier supplémentaire pour faciliter la circulation des artistes dans l'aile gauche où ils résident les trois mois que dure l'enregistrement. Caprices payés rubis sur l'ongle par WEA, qui sort Mirage la même année, un grand succès commercial. Mais le Château n'a plus autant de clients étrangers qu'avant – sans doute un effet de la concurrence du studio Miraval, un autre résidentiel, situé en pleine campagne provençale, qui surfe sur une belle vague de popularité depuis qu'il a accueilli Pink Floyd pour nombre de séances de The Wall. SuperBear, à Nice, jouit, dans une certaine mesure, lui aussi de cette popularité, pour la même raison, accueillant notamment Elton John ou Alan Parsons.

Malheureusement, rien ne va plus entre le promoteur propriétaire du Château et Laurent Thibault, mal conseillé, auxquels se sont joints l'ingénieur du son Patrick Droguet (fin 80) et Ludovic Lanen (assistant, en 83) à la console. Devant l'énormité des sommes demandées à divers titres, Laurent attaque en justice son propriétaire. Devant cette instabilité, il n'investit plus guère. La MCI JH-528, après plusieurs années de bons et loyaux services, fait alors piètre figure devant les nouvelles SSL 4000E dont s'équipent les studios concurrents - Miraval, Davout, le Palais des Congrès, Plus XXX... Ce qui n'empêche pas Higelin, Nina Hagen, Enzo Enzo, Paga, les Sax Pustuls, Tom Novembre et CharlÉlie Couture, Strychnine, Coutin, Dick Rivers (de retour, en 1981, pour trois albums : en solo, avec les Chats Sauvages et avec Capitaine Mercier), Rudolf Schenker, Patrick Abrial, Jean Guidoni... de venir encore enregistrer au Château. Laurent s'équipe même pour Trust, en 1983, d'une magnifique réverbération numérique EMT 251 qui lui coûte la bagatelle de 177 000 F ! Il a créé entretemps, en 1980, le premier studio mobile français, "Le Voyageur", lui aussi resté mythique, que Patrice Droguet et John Rutledge aident à terminer. Bien peu d'albums live du début des années 80 n'ont pas été enregistrés par lui (Vassiliu, Stocks, Couture, Dan Ar Braz, et bien d'autres)... Le Voyageur fut racheté en 1983 par Yves Jaget et Patrice Cramer, qui ont longtemps écumé les routes de France à son volant – le camion a été démantelé au début des années 90. La dynastie ne s'est pas éteinte : après le Voyageur 2 puis 3, a été inauguré à l'automne 1999 le Voyageur V1, un camion tout numérique pratiquement unique au monde ! Après un incendie en juin 2007, le V1 est de retour sur les routes en mars 2008.

1985 sera la dernière année d'existence du studio du Château. Alain Kan, encore lui, y enregistre avec Pier Alessandri l'album Parfums de nuit, qui ne sortira qu'en 1986, avec notamment Laurent Sinclair (Taxi Girl)... et Laurent Thibault, sous un pseudonyme, à la basse et à la production. Quelques séances de pub, aussi, pour l'agence Vol de Nuit. Et plusieurs mois de travail, en studio ou avec le Voyageur, pour le double album de Jacques Higelin, . Mais le promoteur arrive à ses fins, et fait expulser Laurent Thibault le 27 juillet. Devant débarrasser les lieux sous 24 heures, l'équipe du Château en est réduite à casser le mur droit de la cabine pour déménager la console qui avait été entrée tranche par tranche, et à démolir la partie avant pour récupérer les enceintes Westlake, qui se trouvent aujourd'hui chez Albert Marcœur.

Le promoteur, passionné d'équitation, loue les appartements de l'aile gauche à des particuliers, et aménage une sellerie (sous l'enseigne « Cheval Paradis ») dans la grange qui abrita le studio Chopin. Il a un temps l'intention de découper le parc en quatre, mais ne peut le faire, suite au classement du bassin. Rien ne bouge... Du coup, les lieux restent à l'abandon pendant plus de 15 ans. Plusieurs sociétés viennent louer le Château dans le sillage d'Arkamys, en 2001, mais aucune ne reste. Fin 2005, retour à la case abandon pour l'aile droite et la grange, l'aile gauche découpée en appartements restant occupée par quelques locataires, même si les anciennes chambres d'écho tombent en ruines, tout comme la véranda... Le Château est devenu un peu comme la pauvre Calypso du Commandant Cousteau, condamnée à rouiller depuis 1998 le long d'un quai à La Rochelle, abandonnée par les hommes qu'elle a pourtant tant contribué à faire rêver... Il semble pourtant qu'elle sera remise en état en 2008. Le Château d'Hérouville le mériterait amplement.

Quant à Michel Magne, le fondateur des studios, après quelques années passées à Saint-Paul de Vence, où il se met au tressage de bandes magnétiques et continue la composition, il est revenu vivre à Paris en août 1977 avec sa famille. Malgré quelques disques de musique instrumentale (dont un double album enregistré à Abbey Road), deux albums solo et une sublime partition pour Les Misérables de Robert Hossein, en 1982, il n'a jamais retrouvé le statut de compositeur vedette qui avait été le sien, et n'a jamais non plus digéré l'affaire d'Hérouville - se considérant comme injustement condamné et spolié d'une partie essentielle de sa vie. Dans la nuit du 19 décembre 1984, quelques jours avant un ultime verdict d'appel, il se donne la mort dans un Novotel de Pontoise - la juridiction où il s'est vu dépossédé de son bien en toute injustice [la vente aux enchères du Château s'était déroulée au tribunal de cette ville]. Triste épilogue pour un homme exceptionnel à la destinée tourmentée...

Hérouville reste une date dans l'histoire des studios français et mondiaux. Premier studio résidentiel au monde (avec le studio anglais Rockfield, en 1969), largement imité ensuite (les Manor Studios de Richard Branson, Miraval, Vénus à Longueville, Le Manoir...), ce fut aussi le premier où la vitre est tombée entre musiciens et ingénieurs du son. C'est également un des rares endroits où Américains et Anglais daignaient venir enregistrer hors de chez eux, une fois que Ken Scott eut montré, début 72, ce qu'on pouvait y faire ! Une belle vitrine technologique des années 70 par ailleurs, avec son alliance MCI, Westlake, EMT, Eventide... Nul doute que s'il avait vécu, le studio aurait considérablement évolué techniquement : Laurent Thibault et son équipe avaient ainsi équipé le Studio Couleurs, fondé après les événements d'Hérouville, avec une Neve VR puis une Harrison Series X, et un Mitsubishi 32 pistes Pro-Digi. Des choix très personnels, à l'antithèse des couples SSL/Sony 3324 et 3348 omniprésents sur le marché en 1985/1990 . Malheureusement, on ne refait pas l'histoire...


L'auteur, le 29 janvier 2008, devant l'entrée de l'aile droite du Château, abandonné depuis trois ans.


Cet article est paru dans HOME STUDIO n°28 (Février 1999) , et a subi nombre de modifications depuis...



Copyright © 1999/2009 Franck Ernould (franck.ernould@sfr.fr)

*

Ingés son/

Producteurs

Artistes/

Groupes

Stories/

Studios

Divers/

Pédago

Liens audio

English Spoken

here !

Michel Magne spécial

Page d'accueil

*