Quoi, un guitariste et un chanteur de hard dans Home Studio ?
Mick Jones et Lou Gramm ont coproduit ensemble le dernier album du
groupe, et ils sont très diserts sur son enregistrement, leurs
retrouvailles ou le bon vieux temps des années 60. Franck
Ernould
Foreigner fait partie de ces groupes que tout le monde connaît
et qui, sans faire aucune concession à la mode, vendent des
millions de disques (plus de trente à ce jour !) dans le monde
entier. Il est rare de pouvoir rencontrer ses musiciens : raison
supplémentaire pour ne pas les rater lors de leur passage
à Paris pour promouvoir leur dernier album, "Mr Moonlight",
sorti le 26 Octobre.
Le groupe a été fondé en 1976 à New York
par Mick Jones et Lou Gramm, et le succès immédiat
rencontré aux USA par leur style hybride entre pop FM et hard
rock n'a vraiment franchi les frontières qu'en 1981, à
la sortie de l'album "4" (avec les tubes "Urgent", "Juke Box Hero" et
"Waiting for a girl like you"). Les disques ultérieurs sont
venus confirmer le statut de Foreigner : "Agent Provocateur", "Inside
Information", un live enregistré au cours de longues
tournées mondiales et un best of, "The Very Best and Beyond".
La France a toujours éprouvé un faible pour le
guitariste et producteur du groupe, Mick Jones, qui a vécu
pendant 8 ans en France dans les années 60, et a
été entre autres le guitariste de Johnny Hallyday : il
lui a composé "Je suis né dans la rue", "Voyage au pays
des vivants", "Oh ma jolie Sarah"...
Depuis ses débuts, le groupe était chez Atlantic, et
n'avait pas donné de ses nouvelles depuis 1990. Albums solo
pour Lou Gramm, productions avec Van Halen et Billy Joel pour Mick
Jones, le pire était à craindre en ce qui concernait
Foreigner. Mais voilà qu'en cette fin 1994, tel le
phénix, le groupe renaît de ses cendres. Changement de
personnel, de maison de disques (BMG International), nouveau CD ("Mr
Moonlight") et single ("White Lie") : Foreigner est de retour, et
entend le faire savoir. Nous avons rencontré Mick Jones et Lou
Gramm à Paris début Octobre, au cours de leur
tournée de promotion.
Ca faisait un bail qu'on n'avait pas entendu parler de
Foreigner...
Mick Jones : Oui, depuis 1990 en fait. Après
l'album "Inside Information", nous avons ressenti le besoin de mettre
une certaine distance entre nous. Le groupe était
continuellement sur la brèche depuis deux ans de travail
intense et continu, et la promiscuité permanente avait abouti
à une situation bizarre. Alors nous nous sommes
séparés. Pour ma part, j'ai travaillé avec
d'autres musiciens, j'ai sorti un album solo et un single. Et un beau
jour, début 1992, j'ai eu un coup de fil de Lou...
Lou Gramm : Atlantic nous demandait d'enregistrer
quelques nouvelles chansons pour compléter un "Best Of" du
groupe. Nous avons pensé que c'était une bonne occasion
de se retrouver, et de voir si nous pouvions encore écrire
ensemble. Le résultat a été au-dessus de nos
espérances : du coup, nous avons engagé de nouveaux
musiciens pour reformer le groupe, partir en tournée et
enregistrer un nouvel album. Nous ne nous arrêterons pas
là, nous reprenons le flambeau exactement là où
nous l'avions laissé !
Vous êtes les deux seuls membres originaux du groupe :
d'où viennent les petits nouveaux ?
MJ : J'ai rencontré Jeff Jacobs (claviers) lors des
séances avec Billy Joel où il avait assuré
toutes les parties que Billy n'avait pas jouées. Il en avait
marre de n'être qu'un musicien de séances, il voulait
vraiment faire partie du groupe.
LG : Je connaissais Bruce Turgon (basse) bien avant de chanter dans
Foreigner. C'est un vieux pote, nous avons joué ensemble dans
des groupes, il m'a beaucoup aidé pour mes albums solo,
c'était bien naturel de penser à lui pour le nouveau
groupe.
MJ : Quant à Mark Shulman (batterie), nous l'avons
découvert lors de l'enregistrement des nouveaux titres pour le
"Best Of" : nous nous sommes bien entendus lors des séances,
et il nous a rejoints plus tard pour l'album.
Avez-vous rodé l'album sur scène, ou
l'aviez-vous déjà enregistré avant de partir en
tournée ?
En fait, nous avons répété, tourné,
enregistré, puis encore tourné... Nous avons
commencé à composer fin 1993, et c'est pendant
l'écriture des chansons que nous avons monté le nouveau
groupe. Nous avons ensuite enregistré les bases pendant deux
mois aux studios Criteria, à Miami. Nous sommes ensuite partis
à Nashville pour trois semaines d'enregistrement des voix.
Nous avons terminé l'album aux studios Baseville, à
Woodstock, et nous en avons mixé une partie à New York.
En tout, quatre mois de travail...
Vous procédez toujours ainsi ?
Non, d'habitude nous bloquons le même studio pendant des mois.
Mais cet hiver, il faisait vraiment trop froid à New York,
alors nous sommes partis nous mettre au chaud...
Vous avez des studios personnels?
LG : J'ai un petit studio au fond de mon jardin, je vais m'y cacher,
et personne n'ose venir me déranger... Je n'ai que très
peu d'équipement, un petit multipiste, une console, un
multieffet...
MJ : J'ai aussi un petit studio dans mon appartement. Je vis à
New York même, et Lou vit à Manchester, dans
l'état de New York : ce qui fait qu'on se déplace
beaucoup, une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre... On se
renvoie la balle, on voit du pays.
Vous travaillez avec des ordinateurs, sur Cubase par exemple
?
MJ : Les petits jeunes du groupe savent très bien s'en servir.
Mais nous, les deux retraités... J'utilise des boîtes
à rythmes pour mes maquettes, mais je ne raisonne pas en
termes de patterns pour construire une chanson, je
préfère la construire en la jouant physiquement.
Evidemment, en studio nous utilisons des séquenceurs, Jeff les
connaît très bien, mais les séquences ne sont
jamais la base de nos chansons, elles viennent seulement s'y greffer
si nous le désirons. Généralement, nous
enregistrons avec un click, mais il nous arrive de nous dire
"Peut-être que le feeling serait meilleur sans le click", et
nous l'enlevons. Ce qui peut poser des problèmes si plus tard
nous désirons ajouter une séquence, mais dans ce groupe
la règle est vraiment de laisser la musique prendre
elle-même sa direction, plutôt que de laisser les effets
la contrôler.
Au moment d'enregistrer les pistes définitives,
jouez-vous tous ensemble ?
MJ : Oui, et nous essayons d'en garder le plus possible, si c'est bon
évidemment. Si on peut améliorer, alors seulement on
droppe dans les passages moins bons. Je refais toujours quelques
guitares, mais parfois je laisse l'originale, ça dépend
de la chanson. Même chose avec les voix...
LG : Pour cet album, nous avons fait un effort d'écriture :
à l'enregistrement, la plupart des paroles définitives
étaient déjà écrites, ce qui faisait que
j'avais quelque chose de sensé à chanter pendant que
les autres jouaient. C'est pour cette raison que nous en avons
gardé autant : autant pour moi que pour les autres, avoir en
tête des images suscitées par le texte contribue
à l'atmosphère de la chanson. Tout le monde est dans le
coup...
En passant d'un studio à un autre, avez-vous
gardé le même ingénieur du son ?
Oui, c'était Mike Stone, il nous a suivis partout, et
il m'a aussi aidé à la production. C'était la
première fois que nous travaillions ensemble, il avait
enregistré Queen... Il est vraiment très bon,
très compétent.
Etes-vous le seul producteur du groupe ?
Non, à la base je coproduis toujours : "Inside
Information" a été produit par moi et Frabk Filipetti,
par exemple. Le dernier album a été produit à
trois : Lou, Mike et moi. En arrivant au mixage, toutes les pistes
avaient déjà leur son propre, élaboré
dès l'enregistrement, nous n'avons pas dû modifier
grand'chose lors du mixage. C'est vraiment le son du groupe qu'on
entend sur le disque.
Justement, le son de l'album est très précis,
on comprend toutes les paroles, vous avez évité les
superpositions confuses, les guitares ont gardé un son
aéré, naturel...
Ca prouve que nous avons enregistré intelligemment.
On croirait presque que vous avez enregistré les
chansons avec deux micros dans le studio.
MJ : C'est exactement ce que nous avons fait !
LG : Damned, il a trouvé notre secret !
Sérieusement, vous avez enregistré en
numérique ou en analogique ?
MJ : En analogique, et sans réduction de bruit. Nous avons
utilisé de la bande Ampex 499, qui supporte de très
forts niveaux sans broncher, sur deux Studer A820, 48 pistes en
mixage. J'ai déjà travaillé en numérique,
mais il se passe encore des choses au niveau de la bande...
L'analogique est plus chaud, le son nous convient mieux, mais
là encore je suis très démodé. Qu'est-ce
que tu en penses, Lou ?
LG : Je pense qu'il existe vraiment une différence, et peu
importe la technologie, j'aime le son de la bande analogique
enregistrée à un fort niveau, la compression qu'apporte
la bande magnétique poussée dans ses derniers
retranchements, cette chaleur qu'on ne retrouve jamais en
numérique, quoiqu'en disent certains. Je suis sûr que si
on enregistrait simultanément en analogique et en
numérique, je saurais faire la différence
instantanément à l'écoute
L'album est sorti le 26 Octobre ; une tournée mondiale
est-elle prévue ?
Nous venons à peine de terminer notre tournée
d'été de trois mois aux USA... Alors nous soufflons un
peu, ce sont nos premières vacances depuis le début de
l'année : l'enregistrement, puis les tournées se sont
enchaînés. Pour la promotion de l'album, nous allons
voyager autour du monde pendant dix semaines, pour annoncer que nous
sommes de retour : c'est beaucoup de travail. La tournée ne
commencera qu'en Février, d'abord l'Australie, puis l'Europe
en Mars-Avril, et enfin les USA.
Cet été, vous avez tourné avec les
Doobie Brothers : d'où est venue cette idée ?
Une vraie avalanche de grosses tournées s'est abattue
sur les USA cet été : face à Pink Floyd et aux
Rolling Stones, même Billy Joel et Elton John ont
été obligés de s'y mettre à deux ! Les
billets coûtaient des centaines de dollars. Nous le savions, et
nous nous sommes dit que, puisque c'était aussi notre retour
(nous n'avions pas tourné depuis longtemps), ce serait une
bonne idée d'en donner pour leur argent aux spectateurs, et de
leur proposer un concert de trois heures avec deux groupes bien
reconnaissables. Lors de la toute première tournée de
Foreigner, nous faisions la première partie des Doobie
Brothers, alors il y avait un petit côté réunion
de vieux... Ca s'est très bien passé, nous
étions très proches, l'ambiance a été
super tout au long de la tournée : du coup, nous
emmènerons peut-être les Doobie Brothers en Europe !
Deux concerts pour le prix d'un !
Oui, et le public américain a beaucoup apprécié
les concerts de la tournée d'été. Nous jouions
le soir, en extérieur, devant 12 à 20000 personnes.
Faites le compte, en tout ce sont plus de 700000 spectateurs qui sont
venus nous voir.
Les musiciens sur scène étaient ceux de l'album
?
Nous avions un musicien supplémentaire, qui n'était
intervenu que ponctuellement sur l'album : Scott Gilman au saxophone.
Nous étions six sur scène, ce qui est notre effectif
normal en concert depuis plus de dix ans.
Jouez-vous des claviers sur les albums ? Et vous, Lou,
jouez-vous de quelques instruments ?
MJ : Je joue quelques claviers sur l'album, les parties rythmiques de
base, quand la chanson a été composée aux
claviers. Sinon, je laisse Jeff s'occuper du reste.
LG : J'ai fait quelques percussions par-ci, par-là.
Sur le CD single figurent deux mixages différents de
"White Lie" : qui a eu cette idée ?
MJ : C'est nous. La chanson a été enregistrée
par Mike Stone. Un des mixages du CD single a été fait
par Dave Bianco. Nous pensions que la chanson pouvait être plus
musclée, dépouillée, incisive : nous l'avons
donc confiée, ainsi que "Rain", aux frères Nicolo, Phil
et Joe. Ce sont des fêlés dans leur genre, qui habitent
Philadelphie et qui ne font que des remixes. Nous avons
discuté, et ils ont commencé à travailler sur
les chansons. Le problème est que nous étions en
tournée à ce moment, donc il nous était
impossible d'être avec eux... Alors nous avons utilisé
le téléphone : ils nous faisaient écouter le
mix, et nous leur disions : "Non, ça ne va pas, reviens en
arrière...", comme si nous étions dans le studio. Et
nous sommes arrivés à un résultat satisfaisant.
Ils sont vraiment très bons, nous retravaillerons sans doute
ensemble à l'avenir.
LG : Ils étaient fans du groupe, et ils ont trouvé
très motivant le fait d'être mis en situation de mixer
des chansons de Foreigner dont ils ne connaissaient rien, ni
l'historique, ni les pistes... Ils ont pris leur pied !
Comment s'est fait le passage au rôle de producteur que
vous tenez désormais sur tous les albums du groupe ?
En fait, j'aurais pu le faire dès que Foreigner a
été formé. Il est vrai que j'ai encore beaucoup
appris en regardant Gary Lions travailler sur le premier album. Mais
dès mes années à Londres avec Spooky Tooth,
j'avais travaillé avec des musiciens comme Jimmy Page et des
ingénieurs comme Eddie Kramer ou Glynn Jones, ce qui m'a
beaucoup appris. Mon expérience vient de là... Sur la
plupart des albums de Foreigner, je n'ai été que
coproducteur. Sur l'album "4" , Robert "Mutt" Lange et moi avons
beaucoup appris également !
Sur "Agent Provocateur", en 1984, vous aviez aussi
travaillé avec Trevor Horn, je crois...
Oui, il a effectué un passage bref et remarqué ! Le
problème est qu'il sortait à peine de l'enregistrement
de "90125", l'album de Yes : il avait passé plus d'un an en
studio pour le produire ! Il était complètement
crevé, et il a éprouvé des problèmes
personnels avec des membres de Foreigner. Nous avons commencé
l'enregistrement à New York, mais il s'est mis en tête
de continuer en Angleterre. Nous l'avons suivi, mais quelque temps
plus tard nous sommes repartis à New York, et nous avons
décidé de changer de producteur. En fait, il n'a rien
produit sur cet album, c'est pourquoi il n'est pas
crédité sur la pochette. Vous êtes bien
informé ! L'album a été finalement coproduit par
Alex Sadkin et moi-même...
Spooky Tooth, c'était avant ou après votre
passage en France ?
Après, j'ai rejoint ce groupe en 1971.
Tout fan de Johnny Hallyday est fier de savoir que vous avez
travaillé avec lui en France pendant de nombreuses
années. Vous avez composé, vous avez
produit...
J'étais guitariste et chef d'orchestre ! C'était mon
titre (en français dans le texte, Mick Jones n'a rien
oublié, NDR). J'ai aussi joué avec Dick Rivers, j'ai
fait des séances, j'ai travaillé avec Françoise
Hardy, avec Sylvie... En fait, Johhny m'a quelque peu volé
Sylvie ! Voilà le genre de relations qu'ils avaient à
l'époque. J'ai beaucoup apprécié ces
années : en plus Johhny adorait partir enregistrer à
Londres, ce qui m'a fait découvrir une autre façon
d'enregistrer que celle qui était de mise à Paris,
quand j'enregistrais avec Françoise par exemple.
L'équipement des studios était alors pour le
moins rudimentaire, peu de pistes et beaucoup de travail sur
l'acoustique lors des prises, puisque les 48 pistes et les
multieffets n'existaient pas encore. Vos habitudes d'enregistrement
datent de cette époque ?
Oui, il est vrai qu'alors les ingénieurs du son
connaissaient les recoins de leurs studios, savaient quel microphone
choisir et prenaient le temps de le placer précisément.
Pour eux, capter une batterie et lui donner un gros son rien qu'en
jouant sur l'acoustique du studio était un jeu d'enfant ! La
plupart des ingénieurs du son actuels ont perdu ce
savoir-faire acoustique, pour eux enregistrer se résume
à brancher la sortie d'une machine à l'entrée
d'une autre... Il n'existe plus beaucoup d'ingénieurs qui
savent jouer avec leurs micros. C'est un des points forts de Mike
Stone, il a su placer ses micros lors de l'enregistrement de notre
album. Je préfère cette approche : savoir utiliser de
grandes salles est pour moi un élément essentiel de
l'art d'enregistrer, et j'en apprends encore tous les jours. Je
n'aime pas ces petits studios où on camoufle le son
étriqué au mixage avec des réverbes style
"cathédrale"...
Pour avoir ce son de guitare, comment procédez-vous
?
J'amène plein d'amplis et je les pousse à fond : les
murs bougent, et si vous entrez dans le studio quand je joue, vos
yeux sortent de leurs orbites, tellement le niveau sonore est
élevé. J'apprécie beaucoup cet effet de
compression de l'air dans le studio.
Et vous, Lou, que faisiez-vous pendant les années 60
?
J'étais aux USA, pas en Angleterre ni en France. En fait, je
perdais ma virginité et j'apprenais à conduire... A
l'époque, j'étais surtout batteur, mais je chantais un
peu aussi. Ce n'est que dans les années 70 que j'ai
raccroché les baguettes et que je suis parti à l'assaut
de la scène.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
MJ : J'étais en tournée avec Spooky Tooth, et il se
trouvait qu'une personne qui travaillait dans notre maison de disques
était aussi le manager de Lou. Lou et ses musiciens
étaient venus plusieurs fois aux concerts, nous nous
étions parlé deux ou trois fois, et Lou m'avait
donné un de ses albums : c'était au moment où
j'écrivais les chansons du futur premier album de Foreigner.
Je ne savais pas encore ce que j'en ferais, mais l'idée de
former un groupe me trottait dans la tête. J'ai choisi une de
ces chansons, "Feels like the first time", pour auditionner des
chanteurs. Trente, quarante, cinquante candidats plus tard, je
n'avais toujours pas trouvé le bon. Un soir, par hasard, je
mets le disque que Lou m'avait donné, et là, en
écoutant le timbre de sa voix, ce fut le choc : je me suis dit
"C'est lui !". Je l'ai appelé, et Foreigner est né peu
après.
Avez-vous enregistré des albums solo ?
LG : Quelques-uns, oui.
MJ : Il existe un album solo de Mick Jones, mais vous risquez d'avoir
du mal à le trouver. Je l'ai enregistré en 1990,
après "Inside Information", il est sorti chez Atlantic, mais
c'est désormais un collector introuvable. J'ai eu beaucoup de
plaisir à le faire, et il y a de très bonnes chansons
dessus.
En enregistrerez-vous d'autres ?
MJ : Certainement, c'était marrant à faire. Quand
j'aurai un peu de temps, et si on ne me demande pas comme
producteur...
Il est presque naturel de vous voir produire "5150" de Van
Halen, mais comment diable vous êtes-vous retrouvé
à produire l'album de Billy Joel "Storm Front" ?
C'est Billy qui m'a appelé lui-même, c'était en
1989. Nous avons déjeuné ensemble, et voilà !
L'entente entre nous a été immédiate, et nous
nous voyons toujours régulièrement, ce qui est assez
inhabituel entre un producteur et son "produit" ! Billy m'a
confié qu'il aimerait beaucoup que je produise encore ses
albums, mais en ce moment ma priorité est Foreigner. De toute
façon, avec tout ce que nous avons en commun, il serait bien
étonnant qu'on ne retravaille pas ensemble un jour...
Vous êtes invités à "Top Bab",
l'émission que Philippe Manoeuvre présente sur Canal
Jimmy, la chaîne du câble principalement consacrée
aux années 70. Vous qui avez vécu les années 60
et 70, que pensez-vous de cette nostalgie mondiale en musique, en
cinéma, en mode, pour ces années ?
C'étaient les débuts du rock'n'roll, c'était
tout nouveau. L'époque était ouverte, porteuse
d'espoirs. Vous savez, je suis convaincu que les
évènements reviennent périodiquement, par
cycles. C'est vrai que les gens regrettent cette période,
surtout ceux qui ne l'ont pas vécue ! Mais je suis sûr
aussi que dans dix ans, cette nostalgie se sera transposée aux
années 80 si décriées aujourd'hui. Et en l'an
2010, quelles musiques croyez-vous qu'on écoutera avec une
larme à l'oeil ?
(franck.ernould@sfr.fr)
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