Bêtisier Part. 2

Le premier bêtisier, paru l’année dernière, vous avait beaucoup plu. Pour bien commencer 1999, en voici un deuxième, recueilli auprès de divers professionnels du son. Toutes ces anecdotes, ou presque, sont garanties authentiques !


Écoutes comparatives chez un grand fabricant d’enceintes acoustiques professionnel. La fine fleur de la presse spécialisée européenne y était conviée, plus quelques ingés son de renom. Les écoutes avaient lieu dans le superbe auditorium de la marque, impeccablement traité acoustiquement. Trois auditeurs à la fois, des enceintes dissimulées derrière un rideau transparent acoustiquement. Les gens ne se parlaient pas avant le test, ni pendant. Le but : comparer les deux enceintes en présence selon une grille très détaillée. Après étude statistique des résultats, on s’aperçoit que les opinions sont très tranchées, les écarts types sont énormes, ce qui aurait tendance à prouver que les différences entre les deux enceintes ainsi jugées sont considérables. Raté : c’étaient les mêmes, en deux exemplaires, placés côté contre côté ! Un seul des participants avait décelé la supercherie : l’importateur français. Cocorico !

Un grand ingénieur du son studio/live raconte : “Je devais fournir à la maison de production vidéo “une petite DAT d’ambiance” pour un concert, afin de faciliter certains montages image ultérieurs. Le plus simple, pour moi, était bien sûr de lui envoyer une DAT prémixée en stéréo de tous les micros d’ambiance du concert. Quinze jours plus tard, coup de fil : “Ah, au fait, on voulait vous remercier pour vos nouveaux mixages !” -”Comment ça, mes nouveaux mixages ? “ “Mais oui, la DAT que vous nous avez envoyée, c’est fantastique, on est super-contents...”. Pour eux, c’était vachement mieux que le vrai mixage, alors qu’il n’y avait QUE les micros d’ambiance !

Rappelons que les ingénieurs du son ont l’habitude d’écrire, juste au-dessus des faders de console, le nom du son arrivant sur telle ou telle tranche. “Le producteur, suivi de sa cour habituelle, vient écouter le mix d’un disque sur lequel je travaillais. Il se penche sur mon épaule, et l’air entendu, lisant les inscriptions écrites au feutre au-dessus des faders :”Ah, toi aussi, tu mets du VX ?”. Très pince-sans-rire, je lui réponds “Ah oui, moi je mets toujours beaucoup de VX, j’adore ça - d’ailleurs, j’en ai même quatre différents, tu vois : VX1, VX2, VX3, VX4...”. VX pour “Voix”, bien entendu !

La traduction française d’un document technique sur les supports numériques inventait la fort jolie expression “La gigue des alvéoles”. En remontant au document original, on s’est aperçu qu’il s’agissait en fait de la traduction littérale de l’expression “pit jitter” (pit = les trous gravés dans un CD, et jitter = phénomène fe fluctuations temporelles, mais aussi gigue, une ancienne danse rapide ternaire à deux temps). De la poésie au royaume du binaire !

Dans une grande configuration informatique en réseau, le responsable du site s’aperçoit un beau jour que presque toutes les sauvegardes lancées automatiquement échouent à 18h45, juste après le départ des employés de bureau... Personne ne comprend pourquoi, on fait donc venir un technicien de la firme ayant installé le site... qui, après s’être cassé la tête sur nombre de causes possibles, surprend tout simplement un beau soir la femme de ménage à débrancher l'ordinateur pour passer l'aspirateur dans le bureau, remettant ensuite la prise en place, ni vu ni connu...

Chez un de nos grands diffuseurs télé, un vieux technicien se plaint un jour que toutes ces réverbérations étrangères affichent des programmes en anglais : Room, Plate, Ambience... Il se fend même d’un mémo, qui remonte toute la voie hiérarchique. Quelques semaines plus tard, une recommandation très officielle, provenant des plus hauts étages de l’organigramme, incite sérieusement les personnels chargés de l’achat des matériels de privilégier à l’avenir les périphériques munis d’un affichage en Français ! Aux dernières nouvelles, le responsable des achats cherche toujours...

Un de mes clients m’avait demandé de venir lui régler son multipiste à bande (azimutage, prémagnétisation...) alors que son studio était libre - c’est-à-dire après avoir terminé des prises chez lui, prises qu’il souhaitait compléter dans un studio parisien. En alignant son magnéto, je me suis aperçu que la tête d’enregistrement/lecture était vraiment de travers, ce qui se traduisait dans les aigus par des hors-phase assez méchants en lecture sur ma bande-étalon. Je préviens donc le studio qu’ils doivent s’attendre à des problèmes avec ces bandes. De fil en aiguille, puisque je connais le problème, je finis par aller chez eux, mettre leurs têtes de travers pour qu’ils puissent lire la bande dans de bonnes conditions. Ca a tellement bien marché que du coup, j’ai suivi le projet dans tous les studios parisiens qu’il a empruntés, désalignant le magnéto des lieux puis le réalignant après coup. Une histoire de fous !

Le même jour, en réglant le magnéto, je m’aperçois qu’il n’y a plus d’aigus dans les NS10. Je demande à l’assistante de venir en changer les tweeters, mais elle n’a jamais voulu convenir qu’ils étaient morts, me répétant qu’ils étaient tout simplement hors phase...Je lui demande donc de m’inverser les fils sur une enceinte, pour voir. Elle s’exécute, et s’aperçoit évidemment que les aigus ne reviennent pas. Sans se démonter, elle me dit alors : “Tu vois, on s’est trompés, c’est l’autre enceinte qui était hors phase” !

Un autre client m’appelle en me disant que le compteur (numérique) de son magnétophone est en panne. Je lui demande pourquoi, il me répond “tout va bien jusqu’à 59, puis il revient directement à 00, et sur les deux chiffres d’à côté c’est pareil, je ne comprends pas, mon vieux Revox ne me faisait pas ça, c’est pas pratique, il faut me réparer ça tout de suite...”. Sans me démonter, je lui demande ce qui est écrit SOUS les chiffres. Docilement, il m’anonne : H, MN, S. J’ai dû lui expliquer que ça voulait dire heures, minutes et secondes, et que ce compteur était en temps réel !

- Bonjour, j'ai pas de son avec ma nouvelle carte son.
Après quelques questions diverses sur l'installation et configuration, :
- Vous avez branché quoi comme enceinte sur la sortie ?
- Quelles enceintes ? Il faut des enceintes ? Y'en a pas dans l'ordinateur ?

- Bonjour, depuis que j’ai installé ma carte son, j’ai plus rien à l’écran...
Phénomène qui peut parfois se produire, suite à des court-circuits dans les connecteurs au niveau des cartes mères. D’où l’attention soutenue du technicien de hotline, qui, dix minutes plus tard, après nombre de questions diverses sur l’installation, la configuration, etc., finit par s’apercevoir que son client avait débranché le câble du moniteur ! Bref, l’ordi démarrait parfaitement, mais l’utilisateur ne voyait rien, et pour cause !

En visite chez le marchand d’ordinateurs, j’entends la personne devant moi qui demande des “disquettes double page”... “Pardon ?” “Oui, des disquettes pour les doubles pages”. Le vendeur, que je connaissais, m’a jeté un regard étonné, puis, sans se dégonfler, se retourne, dit “Oui, Monsieur, il m’en reste”, et, sans se dégonfler, les vend à ce curieux client au double de leur prix !

Vu à la FNAC Ternes en septembre : un couple d’un certain âge s’aventure visiblement pour la première fois dans le rayon micro-informatique de cet auguste magasin. Après avoir exploré un peu, elles s’arrêtent devant un scanner à plat. Commentaire de l’homme : “Ca doit être ça, le i-Mac”...” Tu crois ?” lui demande sa femme “Ben oui, regarde, il n’y a pas le lecteur de disquettes !”.

Il arrive parfois que les clients soient un peu collet-monté... Je me souviens avoir choqué un des techniciens d’une fondation océanographique qui me demandait comment effectuer des prises de son sous la surface de l’eau en lui conseillant de mettre une capote anglaise autour de son micro... Il ne m’a pas du tout pris au sérieux, il avait même cru à une plaisanterie de mauvais goût, mal pris la chose. J’ai dû changer de ton et lui assurer très fermement que je ne foutais pas de sa gueule et que ce remède était très efficace. Je n’ai jamais su s’il avait osé le faire !

Etre importateur a parfois des mauvais côtés quand les clients sont de mauvaise foi... L’un d’eux a ainsi reçu un carton censé contenir une console, mais qui s’est révélé n’abriter... que des cailloux, pour faire le poids. Le colis ayant été réceptionné sans ouverture, on appelle ça tout simplement du vol ! Moins radical, les retours “pour avoir”, 18 mois après achat, d’une console complètement rincée, qui a fait tous les concerts du monde et toutes les locations de la terre...

Un ingénieur du son live connu, à qui j’avais confié un nouveau modèle de micro plus sensible, hypercardioïde, d’une courbe de réponse plus étendue, m’appelle en cours de tournée pour me dire “C’est quoi, ce micro, il ne marche plus du tout ! Au début de la tournée, il allait bien, et puis au bout de quelques jours, ça s’est dégradé, maintenant le son est terne et il larsène sans arrêt, c’est pas possible...”. Je me dis “Bon, c’est un nouveau produit, peut-être que la fiabilité, la construction...”. Pas du tout ! En fait, le chanteur postillonnait un max et transpirait beaucoup, ce qui encrassait et bouchait la mousse (d’où les aigus atténués) et les évents de décompression de la grille - ceux-mà même qui dotent le micro d’une directivité particulière. Dès que tout est bouché, le micro redevient omnidirectionnel... d’où les larsens ! Et ce grand ingénieur n’a jamais eu l’idée de nettoyer les grilles et la mousse, comme on le fait régulièrement en tournée...

Lors du lancement d’un modèle d’ampli de forte puissance destiné à la sono, l’importateur français s’est aperçu qu’un de ses gros clients tourneurs testait les amplis... sur des perceuses ! Autrement dit, les techniciens branchaient directement les sorties haut-parleur sur la prise d’alimentation du moteur de la perceuse. C’était donc les bobinages d’icelle qui servaient de charge aux étages de puissance - faible impédance, charge capacitive, selfique et réactive, bref la totale, un bon moyen de martyriser les transistors... En mode “bridgé”, toute leur puissance concentrée sur un canal, et alimentés avec un “son” de 50 Hz, ces amplis n’ont aucune peine à alimenter la perceuse de vos rêves.

Encore une anecdote avec des amplis : “Un client à qui j’en avais vendu trois du même modèle (2 x 250 W) me rappelle en me disant “Je ne comprends pas, j’ai bien branché les trois sur le même son, mais dès que je pousse le volume, il y en a deux qui disjonctent sur les trois”... Au téléphone, je lui demande des précisions sur les caractéristiques des enceintes, du secteur, puis sur les connexions des amplis eux-mêmes. Au bout de quelques explications pas toujours très claires, je me suis aperçu que mon client avait connecté ses trois amplis en cascade : s’étant confectionné des adaptateurs bornes HP - XLR, il envoyait la sortie haut-parleur du premier vers l’entrée ligne du second, dont la sortie HP va vers l’entrée ligne du troisième.

Encore un branchement bizarre : “Un client, n’ayant pas de piles, désirait brancher son magnétocassette sur le secteur. Je ne sais pas pourquoi, mais il a eu l’idée de se faire un joli cordon prise de courant d’un côté, prise HP DIN de l’autre... Peut-être croyait-il que c’était l’entrée pour l’adaptateur : quoi qu’il en soit, il n’a pas compris quand, au branchement, le HP du magnétocassette a traversé la pièce !”

Séance d’enregistrement de voix off. Le comédien, assez âgé, réputé pour son caractère disons... ombrageux, est déjà en place. Le jeune ingénieur du son lui demande de mettre le casque : le comédien obtempère, puis lui dit “Je n’entends rien”. L’ingénieur repart alors à sa console,et se met à vérifier les départs sur la console, les pousse un peu : coup d’œil au comédien, qui fait signe “Je n’entends rien !”. Il pousse alors tout à fond : “Je n’entends rien”. Notre jeunot, complètement miné, ne comprend pas ce qui se passe et commence à songer à changer de métier... lorsque son responsable technique, qui passait par là, lui confie fort charitablement “Ah, tu ne savais pas ? Il est sourd comme un pot, mais tellement tête de lard qu’il ne veut jamais l’admettre ! Mais ne t’inquiète pas, il démarre au timecode, il n’y aura aucun problème...”. Effectivement, tout s’est ensuite très bien passé !

Un grand producteur américain arrive au studio, en séance de nuit. Fidèle à sa réputation de mal embouché, après avoir fait le tour de l’énorme zone de prise de son (au moins 6 mètres de hauteur sous plafond), il revient vers l’ingé son et décrète : “Il y a une ampoule grillée dans ce studio. Je ne travaille pas dans ces conditions. Veuillez la remplacer immédiatement.”. Et notre ingénieur a dû trouver séance tenante, malgré l’heure tardive, une échelle assez haute, prendre une ampoule dans le couloir, et procéder lui-même au remplacement... en priant pour que le producteur n’exige pas non plus un couloir brillamment illuminé !

Encore une histoire d’ampoules : “Un client aveugle m’avait acheté console et multipiste de la même marque pour son studio personnel, et il voulait qu’on lui change constamment toutes les ampoules de VU-mètres de sa console. Comme je lui faisais remarquer que ça ne servait à rien, que ça ne changeait pas le son et que, de toute façon, il ne pouvait pas se rendre compte de l’effet produit, il m’a fait cette superbe réponse : “Non, non : c’est plus propre !”. Et dès que je venais chez lui réaligner le multipiste, il me faisait vérifier les ampoules”.

Essais au Théâtre de l’Empire, où on vient d’installer une splendide rampe d’une dizaine de micros (espacés d’environ de deux mètres) sur la scène, reliés à un nouveau système automatique de mélange très sophistiqué, basé sur des noise gates permettant de n’entendre que LE micro le plus près de la source qui bouge. Premier, deuxième, troisième micro : tout va bien. Cinquième : rien. Sixième, septième, dixième : parfait ! L’expérimentateur revient donc sur le cinquième micro : qui ne s’ouvre. Vérification du câblage, des fils, de la tranche... Rien ! En fait, ce fameux cinquième micro avait été installé dans un “nœud de pression”, un endroit où acoustiquement la pression est nulle ou très faible, suite aux diverses réflexions des sons et à leur recombination. En l’absence de son, le micro ne pouvait s’ouvrir !

“Un jour, je reçois de Côte d’Ivoire un transfo d’alimentation de 24 pistes (20 kg au bas mot) complètement explosé - je n’avais jamais vu ça ! Comme on me demande la même pièce, je demande au client après quel mauvais traitement il se retrouvait avec un transfo aussi détruit : il m’explique alors qu’il a laissé un 24 pistes quelques mois dans un entrepôt, et que c’est lorsqu’il a remis le courant que l’appareil a explosé. En le questionnant un peu plus intensément, je lui fais avouer qu’autour du magnéto ont poussé des lianes, qu’en fait, elles ont même poussé À TRAVERS le magnéto, jetant la panique dans les diverses cartes, causant quelques court-circuits. Avant la remise sous tension, les assistants avaient juste coupé les lianes pour pouvoir déplacer le magnéto, sans s’occuper le moins du monde de ce qu’il y avait dedans !”

Installation “mobile” au Maroc, avec console, magnéto, micros... Après les derniers branchements, on procède aux essais avec un groupe de musiciens du coin. Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’un des percussionnistes se mette, en solo, à jouer d’un tambourin. Le technicien/ingénieur du son, devant le bruit produit, sans aucun rapport avec ce qu’il entend d’habitude avec un tambourin, croit à une défaillance des enceintes, et les vérifie fièvreusement : un vrai son de HP décentré, irrécupérable à l’égaliseur, bref l’horreur. Après quelques vérifs, il repasse dans le studio lui-même... et se rend compte que c’est le tambourin lui-même qui produit ce son si horrible, mais tout à fait prisé par les musiciens.

Dans un autre “studio” précaire, installé dans une cave en Afrique, il fallait que les prises “tiennent” en cinq minutes. La raison ? C’était la périodicité des démarrages d’une pompe refoulante située à proximité, horriblement bruyante, mais absolument nécessaire sous peine de se retrouver très vite les pieds dans l’eau !

Le D.A., dans un studio où il fait très chaud, en fin de séance, se lève, se rend près des grosses écoutes Westlake (gros pavillon en bois en saillie pour les médiums-aigus), passe sa main devant, puis déclare très sérieusement “Je me disais bien qu’il faisait trop chaud, dans ce studio : la clim ne marche pas !!!”.

“Un jour où deux studios étaient libres, j’avais laissé mon assistant “mixer”, pour s’amuser, pendant que je travaillais moi-même dans l’autre studio. Je passais de temps en temps dans le couloir, et j’entendais de la musique en permanence : il n’est pas sortie de la journée ! Vers 18 heures, j’entre dans la cabine, et, tout fier, il me fait écouter. Je trouve le son vraiment bizarre, genre pris du nez, et je regarde les réglages de la console, m’attendant à y trouver des médiums/aigus à donf. C’est tout le contraire : des graves, des graves... Je me rends alors près des amplis des écoutes triamplifiées, et je comprends tout : l’assistant avait omis d’allumer ceux des graves.

Catastrophe dans le studio : quelqu’un a renversé un peu de Coca sur la console. L’assistant, assez nouveau, décrète péremptoirement : “Aïe, aïe, aïe, c’est plein de sucre et de saloperies, il faut dissoudre tout ça, attendez, c’est déjà arrivé, il faut rincer, je sais comment faire !”. Et, prenant une bouteille d’eau qui passait par là, en arrose aussi sec et généreusement la console, qui en défaille instantanément.

Encore une histoire d’assistant : aujourd’hui encore, on se souvient, au Palais des Congrès, de celui qui, ayant connu une défaillance de talon sur ses chaussures, s’était mis à remettre l’importun en place... à coups de Neumann U87 !

“En 1989, sur une tournée, j'utilisais un KX76 Yamaha, clavier Midi, dans lequel était branché (en thru) un Kat Midi Percussion Controller, autrement dit une sorte de marimba Midi. Je déclenchais du KX76 des samples de cuivres de salsa stockés dans un S1000. Quelle ne fut pas ma surprise, lors d'un concert à Toulon d'entendre ces samples jouer tous seuls dans un morceau qui n'avait rien avoir avec de la salsa... Effet garanti ! Quel était donc ce mystérieux bug Midi ? J'ai quand même mis une journée à trouver: le matériau dont sont faits les capteurs du Kat à la particularité de devenir plus sensible à force d'être joué. Le temps avait fait monter le seuil de sensibilité des pads, et ce sont les vibrations de la basses et autres sons graves qui, perçus par la membrane et interprétés comme des frappes, faisaient jouer aléatoirement des sons en passant au travers du KX76 en thru. Il m'a suffi de rebaisser la vis de réglage de sensbilité pour retrouver ma config sûre et saine !

Un chanteur, sans doute énervé par le temps perdu par les musiciens à jouer des Ad Libs (fins de morceaux, pendant lesquels on fait à la console le shunt final, NDR) interminables, a décidé de faire les Fades Out à la prise. On a eu beau lui expliquer qu'il serait gênant de se retrouver à la fin du morceau avec seulement le soufle des 24 pistes analogiques, technologie de l’époque, il n'a rien voulu savoir ! Il a fallu faire un essai pour qu'il s'aperçoive que ses musiciens éprouvaient les plus grandes difficultés à jouer jusqu'à la fin du morceau en s'entendant de moins en moins pour qu'il renonce à sa trouvaille.

Un comédien était connu sur les plateaux de doublage pour toujours penser à faire de petits cadeauxà ceux avec qui il travaillait. Un beau jour, en manque d’inspiration, mais avec une bonne volonté et une naïveté insoupçonnables, il ne trouve rien de mieux que d’offrir à la chef de plateau, une dame entre deux âges mais plus proche du troisième... un échantillon de crème anti-rides, en lui disant “Tiens, j’ai pensé à toi !”. Plus d’un, dans le studio, s’est retenu de pouffer de rire devant le sourire et les remerciements crispés de celle à qui le cadeau était destiné.

Un grand merci à : Jean-Marc Barsamian, Mark Feingesicht, Richard Garrido, Carla Guiot, Jean-Louis Hennequin, Bernard Keller, Patrice Kung, Ludovic Lanen, Jean-François Pizzetta, Philippe Sadoughi



Cet article est paru dans HOME STUDIO

Copyright © 1998 Franck Ernould (franck.ernould@sfr.fr)

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