Tradition de fin d’année : le bêtisier ! Pour se rappeler que, même si la technologie devient de plus en plus incontournable dans les métiers du son, ceux qui l’exploitent sont des hommes : leurs erreurs sont donc inévitables, et débouchent parfois sur des situations cocasses dont nous avons voulu vous faire profiter... Franck Ernould

Ceux d’entre vous qui ont connu “Zéro-VU” première formule se souviennent certainement de Léo Goutsoun, l’immonde producteur de variétés, qui était la version BD de ces personnages parfois fort antipathiques croisés dans les studios, toujours préoccupés par le temps, l’argent que coûte la séance (“No play good, no money”), et convaincus du talent immense de leurs poulains. Une des meilleures planches relate ainsi une séance où, après plusieurs heures d’efforts, il faut se rendre à l’évidence, la chanteuse chante faux ! Goutsoun affirme alors que ce n’est pas vrai, qu’elle chante parfaitement juste, mais que ce sont les micros du studio qui sont faux, et qu’il convient de les réaccorder sans délai ! Sachant que Dominique Blanc-Francard a fourni nombre d’anecdotes authentiques pour les scénarios, on peut présumer que la situation s’est effectivement produite !
En interrogeant quelquess-unes des personnalités que nous avons récemment croisées ici ou là, nous avons donc recueilli quelques anecdotes savoureuses, que nous vous proposons ici.

Georges Pludemacher, célèbre pianiste classique, est en séance de montage de son prochain disque avec Jean-François Pontefract, grand fumeur de pipe devant l’éternel. Le second jour, il s’assied aux côtés de J-F... et se met un bonnet de douche sur la tête ! J-F lui demande à quoi ça rime, l’autre lui répond : “Lorsque je suis rentré hier soir chez moi, ma femme m’a engueulé parce que mes cheveux puaient le tabac...”.

William Christie, claveciniste et chef d’orchestre baroque, pour un enregistrement orchestral, avait absolument tenu à voir J-F installer un micro d’appoint sur le clavecin, qu’il affirmait ne pas percevoir avec assez de précision dans l’orchestre lorsqu’il réécoutait les bandes. J-F, qui n’en voit pas l’utilité, s’exécute quand même... mais omet de brancher ledit micro sur la console ! Bill, venant contrôler la prise suivante, est très content de ce qu’il entend, et lui dit “Tu vois, c’est beaucoup mieux comme ça”. Ce à quoi J-F lui répond, très pince-sans-rire : “Tu as raison, c’est vraiment mieux !”.

Davitt Moroney enregistre, au clavecin seul, “L’art de la fugue” de Jean-Sébastien Bach. Il s’agit d’une œuvre où, sur un sujet assez “banal”, Bach, arrivé à la fin de sa vie, applique tout son génie de la fugue, acquis au cours de ses cinquante ans de carrière - il en a composé des centaines. Il explore toutes les combinaisons possibles... mais meurt avant de pouvoir achever la derniére fugue du cycle. Moroney avait écrit une fin, et cette fugue “complétée” est placée aprés la fugue inachevée, qu’il est d’usage de jouer telle qu’elle est écrite, c’est-à-dire avec une brusque interruption là où la mort a emporté Bach. Usage visiblement méconnu par certains, puisque J-F se voit appelé plusieurs fois par le graveur, qui lui signale qu’il y a un problème avec sa bande, coupée en plein milieu. J-F, toujours aussi pince-sans-rire, lui répond “Oui, je sais, j’avais pourtant demandé à Bach d’écrire la fin, mais il est mort avant...”.

Un producteur de disques classiques, toujours, publie un disque consacré à Henry Purcell, compositeur baroque anglais mort en 1695. Il envoie donc les papiers correspondant à son disque à la SACEM... Quelques jours plus tard, il reçoit un coup de fil de ladite SACEM : un employé dont la culture musicale possède apparemment quelques lacunes lui demande l’adresse d’Henry Purcell, afin de pouvoir lui faire parvenir ses droits d’auteur !

J-F P, encore : aprés une séance de restauration, le client part avec son master DAT. J-F n’en entend plus parler pendant six mois, jusqu’au jour où le client le rappelle, furieux, en lui reprochant de lui avoir filé une DAT défectueuse. “Je viens du studio de mastering, la cassette est illisible, c’est une honte, je me plaindrai...” L’affaire monte même, lettre recommandée à l’appui, jusqu’à la Direction Générale de l’INA ! J-F se renseigne : à la gravure, le taux d’erreurs est tel que la bande a certainement été lue des dizaines de fois, avec moult recherches rapides, bobinages avant, arrière... En fait, le client, trés content du son de la restauration, n’avait pas pu résister au plaisir de la faire écouter à tous ceux qu’il connaissait, sans jamais avoir l’idée d’en faire une copie de sauvegarde !

Claude Wagner (Pathé), s’adressant au batteur du groupe Variations qui se plaint de ne jamais avoir le même son que Billy Cobham (légendaire batteur des seventies), alors qu’il a acheté exactement la même batterie que lui. Claude lui répond alors “Tu sais, je possède exactement le même vélo qu’Eddy Merckx, mais je n’ai jamais gagné le Tour de France !”.

Le son triangulaire

Chanteur de Triangle, qui n’aimait pas chanter devant du monde : il s’isolait dans une cabine voix qu’il retournait, de façon à ne pas voir l’ingé son. Celui-ci, de son côté, avait un panorama imprenable sur l’arrière de la cabine voix... Un beau jour de prises de voix, l’ingénieur du son balance le playback, et n’entend plus rien dans son micro... Il se déplace alors dans le studio lui-même, et aperçoit le chanteur endormi dans un coin de la cabine !

Lors d’essais de compression pour le Dépôt Légal sur CD-ROM, l’opérateur a eu l’idée de faire figurer, dans la cassette de compilation des différents systémes de compression disponibles, le son aprés enregistrement sur une cassette audio. À l’unanimité du jury d’écoute, c’est ce type de “compression audio” qui a été choisi. La preuve concrète que tous ces algorithmes de réduction de débit numérique ont sans doute quelques progrés à faire !

Le CD est aujourd’hui incontournable : pourtant, à son apparition en 1983, beaucoup n’y ont pas cru du tout ! Philippe Folie-Dupart se souvient ainsi d’un constructeur européen à qui, lors d’une expo de l’AES, il avait demandé pourquoi il ne faisait pas de lecteurs de CD pour les radios. Ledit constructeur lui avait répondu “Mais pourquoi faire ? Le CD, on n’en parlera polus dans six mois !”. Quelques mois plus tard, Sony présentait son premier lecteur professionnel...
Bernard Coutaz, PDG du label Harmonia Mundi, était aussi très sceptique quant au succès commercial du nouveau support “Ça ne se vendra jamais, c’est trop bon, avec cette dynamique, les clients vont casser leurs enceintes, et n’achèteront plus jamais de compacts !” Fort heureusement, le mastering est passé par là ! Quant à un ingénieur de chez Neve, rencontré à Londres par P-F D, l’arrivée du numérique le laissait froid : “De toute façon, sur notre console, on peut avoir le son analogique avec un magnétophone numérique sans problème, il y a une touche distorsion !”.

Le Responsable du Doublage dans une grande boîte parisienne, qui se targue de bien connaître tous les sujets techniques (n’est-il pas abonné à “Mix” ?) arrive un beau matin de 1988, l’air conspirateur, en annonçant : “Vous savez quoi ? Les CD sont utilisés à une infime partie de leur capacité ! En fait, tout ce qu’on entend est situé juste prés du trou : le reste ne sert à rien !”. Étonnement général. “La preuve ? Je mets un gros scotch sur cette partie, et le CD n’est pas lu !”. Démonstration, vérification : certes !
Un ingénieur du son plus savant que les autres propose alors la contre-expérience suivante : laisser libre cette soi-disant partie essentielle, et barrer avec un scotch la partie soi-disant inutile. Si ce qu’a dit l’autre est vrai, ça ne devrait rien changer ! On en convient, et on tente l’expérience. Évidemment, le disque est lu, avec des interruptions plusieurs fois par seconde du flux audio... Grande perplexité du Responsable du Doublage, qui finit par convenir que ses infos étaient erronées. Il aura ainsi appris ce qu’est la TOC d’un CD !!!

Plus récemment, un mixage de série télé est renvoyé par la chaîne qui doit le diffuser, avec la mention : “bruits numériques à telle, telle et telle séquence - indiffusable”. Étonnant... Nous écoutons le master DAT du mixage en question : aucun probléme. Nous faisons alors rapatrier le master vidéo sur lequel ce son a été couché, une Beta numérique : aucun problème non plus.
On rappelle alors la chaîne, qui n’en démord pas. Tous les ingés son se succédent en studio, sans entendre un seul “bruit numérique” ! Finalement, quelqu’un se rend compte que toutes ces séquences incriminées sont tournées au même endroit, en extérieur, dans le bush : la série est australienne, on y entend des criquets qui ne sont pas ceux dont on a l’habitude dans les séries américaines. L’accent australien, sans doute ! Les voilà, les fameux “bruits numériques”. Mise au courant, la chaîne ne veut rien savoir : “Filtrez ça, c’est pas beau !”. Impossible, ce sont des bruits à spectre large ! Finalement, l’épisode sera diffusé tel quel : la hiérarchie de la chaîne, mise au courant, aura entretemps exigé une expertise en laboratoire numérique du master vidéo, afin d’être sûre que ce sont bien les grillons qui sont les fauteurs de trouble, et non d’éventuels clicks ou glitches dissimulés par un prestataire de service malintentionné...

John Surman, en 1982, enregistre pour ECM “Such Winters of Memory”, un disque d’ambiance plutôt... sombre. Les très grosses Tubular Bells dont il a besoin pour concourir à l’atmosphére d’un longue plage lui sont livrées en retard, il faut absolument finir l’enregistrement, il reste un quart d’heure avant la fin de la séance : il se lance donc “en temps réel”, sans possibilité de reprendre. Mal fixée, la cloche l’oblige à se pencher de plus en plus en avant : cette position aussi malcommode qu’inhabituelle lui fait perdre son casque qui glisse lentement, puis c’est au tour de son pantalon, épris d’indépendance et encouragé par la mauvaise posture de son propriétaire, de glisser aussi. John finit quand même, littéralement plié en deux, l’enregistrement de sa partie. Lorsqu’il jette un coup d’œil dans la cabine, à travers la vitre, il ne voit plus personne : Manfred Eicher, le producteur, et Jan Erik Kongshaug, l’ingénieur du son, qui n’ont pourtant pas une réputation de joyeux lurons, sont écroulés par terre, à pleurer de rire !

Coup de fil de l'agence de pub à l’ingénieur du son.
- Bon, voilà, on a un problème avec le mix . Il faut le refaire.
- Je ne comprends pas , tous le monde était content pendant la séance .
Il n'y avait pas de problème ?
- Oui, mais il faut recommencer
- Bon d'accord , mais quel est le probleme ?
- Il y a trop de niveau par rapport à l'image .
- Ah oui ? Alors c'est facile : vous n'avez qu'à remonter le niveau de l'image !

J'étais en état de mix avec un producteur et son habituelle cour. Le producteur :“La balance me convient assez bien quoi que je remonterais bien la rythmique”. Je m'exécutais aussitôt pour m'entendre demander de “pousser un peu les "harmos". Puis, à la réflexion, “je trouve que la voix n'est pas assez devant...” Bref, après recall instantané de l'équilibre de départ (merci SSL), je poussai un peu le volume d'écoute pour obtenir instantanément la balance idéale souhaitée par le producteur. Y'a qu'à demander...

Une jeune chanteuse inexpérimentée est en train de faire ses premiers essais au micro. Assez impressionnée, le casque sur la tête, elle me demande: "comment trouves tu ma voix?". Etant affairé au patch de la console, un instant se passe. Me voyant occupé, charitablement, l'assistant du studio attrape le micro d'ordres pour lui répondre "euh... cristalline !". La jeune femme désorientée, croyant certainement à un ultime test, se mit à hurler dans le pauvre Neumann de service: "Staline !!!".
(Authentique)

Comment un graveur perd un client... Le client apporte à son graveur une cassette PCM1630 provenant de Hollande, ils l’écoutent, et le premier confie au second qu’il ne lui semble pas percevoir le même son que celui de son original, réalisé sur PCM F1. Vérification faite, les fréquences test sont différentes, il manque 4 à 5 dB d’aigus sur la 1630. Le graveur rattrape le coup, corrige du mieux qu’il peut, et aboutit à un résultat qu’il juge correct. Le client reprend rendez-vous, et, encore une fois, trouve le son de la (nouvelle) PCM 1630 différent de celui de la F1 originale. Le graveur, lui, n’entend pas la différence, malgré ses années de métier. Il décide alors de “tester” l’oreille de son client, en lui faisant un test en aveugle, “quelle cassette je passe, là ?”. Le client réagit à chaque fois “C’est la F1”, “C’est la 1630”... sauf que le graveur, lui, commutait toujours la même source : la cassette PCM F1 ! Au bout d’un moment, il avoue à son client le stratagème. Et vérifie l’adage selon lequel un client qui perd la face est un client qui ne revient pas...

Dans le même ordre d’idée : écoute client d’une bande-son de téléfilm, avec toute la production, l’artiste, la chaîne... Pris d’un louable et soudain élan pédagogique, l’ingénieur du son décide de faire écouter le “rough mix”, la mise à plat, qu’il a effectuée juste après l’enregistrement des cordes. Niveau d’écoute confortable, mixage sur DAT... Réaction mitigée (et attendue) des clients. “Maintenant, c’est le mixage déf, avec toutes les réverbes, les effets, les placements...” - et de pousser un peu le niveau, histoire d’assurer le confort d’écoute... À la fin de celle-ci, réaction unanime de l’assistance “Ah ouais, super, ça le fait, rien à voir, y a pas à dire c’est autre chose...”. Sauf que l’ingénieur s’est planté dans ses ID sur la DAT... et a fait réécouter exactement la même plage, plus fort ! Comment ne pas perdre la face ? Eh bien, en proposant une troisième écoute, encore un peu plus forte, avec cette fois la bonne version, en prétextant un petit détail modifié. Et ça passe comme une lettre à la poste !

Comment distraire l’attention d’un client ? L’ingénieur du son d’un studio parisien s’était fait faire, par son électronicien attitré, une boîte bidon, très bien habillée et bien fournie en boutons divers, mais entièrement vide. Il expliquait sommairement au client l’utilité de quelques potentiomètres, puis laissait celui-ci tripoter à sa guise l’appareil pendant le mixage. Son attention monopolisée par la gestion de l’engin, le client laissait dès lors l’ingénieur du son en paix sur des points importants !

La première fois que son ingénieur en chef lui demanda d’aligner le 8 pistes du studio dans lequel elle venait d’être embauchée (c’était en 1971), notre amie Gisèle R.Clark, après l’avoir regardé d’un air étonné, avait libéré les freins immobilisant les roulettes du Scully dont était équipé le studio et avait aligné, au millimètre près, l’avant de la machine sur celui de sa voisine... Hilarité prolongée dans la cabine, on l’imagine bien.

Musique de chambre

Au studio Vogue, rien n’allait plus dans le son de la chambre d’écho naturelle... Depuis quelques jours, le son “zinguait” atrocement, devenait métallique sur certaines fréquences, un peu comme un kazoo. Bizarre, bizarre... L’ingénieur du son descend donc dans la pièce, et se heurte d’abord à tout un ensemble complet d’entretien des sols (produits divers, balais, serpillère...). Puis, levant les yeux, il avise... une pelle métallique, suspendue au même étrier de fixation que le micro, à quelques centimètres de celui-ci. Le coupable : la nouvelle femme de ménage, qui avait trouvé ainsi un super-endroit pour ranger ses outils de travail !

Toujours aux studios Vogue, Jacques Dutronc et son parolier Jacques Wolfsohn ont laissé un souvenir impérissable aux employés de maintenance. Un jour, pris de délire, ils n’avaient rien trouvé de mieux que de tartiner les micros Neumann U87... de mayonnaise sur la grille ! Facilement lavable, certes, mais un surcroît de travail dont ils se seraient passé.

Un papa avec son jeune fils, en séance pour ce dernier - un Jordi avant la lettre. Un petit Barbare, plutôt : caprice sur caprice, remarques désobligeantes sur la couleur de peau du bassiste antillais... De quoi mettre la patience de tous à l’épreuve. À la fin de la journée, les pistes instrumentales dans la boîte, ne voilà-t-il pas que notre jeune chanteur refuse tout de go d’aller au micro : “Non, je ne chanterai pas !”. Après quelques tentatives infructueuses de négociation, le père du jeune prodige demande au directeur du studio la permission de lui emprunter quelques instants son bureau. Il s’y rend avec son fils, ferme la porte... On entend quelques éclats de voix, suivis de quelques bruits plutôt percussifs. Quelques minutes plus tard, le jeune artiste entre dans le stucio, s’installe au micro, et confie : “Maintenant, je vais chanter !”.

Variante hérouvillienne : le château d’Hérouville disposait de trois splendides chambres d’écho naturelles, aménagées dans d’anciens lavoirs murés et bétonnés. Le Château avait la solide réputation d’être hanté : rien de plus normal à ce que le fantôme se manifeste de temps à autre en poussant de sinistres hululements dans les chambres d’écho (en fait, un assistant farceur), ou tout autre bruit sinistre audible dans les retours écho de la console !
Plus subtil : le chanteur demandait de la réverbe dans son casque, et l’assistant, en bas dans la chambre d’écho, se cale sur ce qu’il entend via le haut-parleur, en chantant volontairement faux par-dessus... Effet garanti deux étages au-dessus, où le chanteur n’en croit pas ses oreilles, demande fièvreusement à l’ingénieur du son “Mais qu’est-ce qui se passe, j’ai quelque chose de bizarre dans le casque, tu n’entends pas ?” - et l’ingénieur du son, impassible et pince-sans-rire : “Non, non, pas du tout, tout est normal...”.

Coutume assez répandue paraît-il dans les studios, lorsque des musiciens de studio Noirs ont affaire à des Blancs : l’inflation galopante des tarifs juste avant de faire Play/Rec... “Ah, moi je veux bien jouer, mais il faut monter le prix !”. Séances avec Salif Keita : une choriste africaine arrive avec une copine, qui reste en cabine, et son bébé dans le dos. Elle va au micro et commence à chanter, mais l’enfant gazouille, ce que le micro capte fidèlement. Hervé Marignac demande donc à la maman de poser son bébé dans un coin du studio, mais fort logiquement, celui-ci se met à manifester bruyamment son mécontentement. Hors de question de laisser seul l’enfant dans la salle de repos... C’est alors que, fort serviablement, la copine se propose... moyennant 250 F ! En fait, les deux copines avaient monté le coup depuis le départ, et devaient se partager le magot ! Salif Keita comprend immédiatement, ne rentre pas dans la combine, et vire la copine avec pertes et fracas. La choriste a donc enregistré sa piste avec son bébé dans le dos, et si on écoute attentivement la bande, on s’en rend compte !

Un groupe de trois choristes africaines est convoqué pour un autre album de Salif Keita. Le jour dit, à l’heure dite, il n’y en a que deux au studio ! Après deux heures d’attente, téléphone, la choriste est chez elle. “Ben alors, qu’est-ce que tu fais, tu sais qu’on avait rendez-vous à dix heures” - “Oui” - “Et tu n’es pas dans le métro pour venir ?” - “Non” - “Pourquoi ?” - “Mory ne veut pas”. Petite précision utile : elle était choriste régulière de Mory Kanté, et celui-ci lui avait interdit de faire des séances ailleurs. Engueulade au téléphone, Salif téléphone à son manager, qui appelle Mory Kanté, qui finit par donner l’autorisation tant convoitée... Tout semble donc pour le mieux... sauf que la journée est à moitié perdue ! Le lendemain, il reste tout les chœurs à faire... et ce sont cette fois les deux autres filles qui ne viennent pas ! Une heure, puis deux se passent, coup de téléphone aux filles, qui sont toutes deux hez elles “Ben, vous n’êtes pas encore parties ?” - “Non, non !” -”Mais enfin, vous, vous n’êtes pas les choristes de Mory Kanté, vous êtes les choristes de Salif, il n’y a aucun problème...” - “Ah oui, mais l’autre, là, elle avait deux heures et demie de retard hier matin, alors nous, on doit avoir le même retard !...”. Imaginez François Bréant, le producteur exécutif de ces albums, expliquant ces péripéties aux commerciaux d’Island Londres... Surtout que lui et Hervé n’avaient pas encore tout vu...

Fin d’album de Salif Keita : il ne reste plus que le chant à mettre en boîte, on est très en retard à la suite de toutes les péripéties évoquées précédemment. Arrive le premier Vendredi des séances. Cette fois, c’est Salif qui ne se montre pas au studio. Une heure, deux heures (air connu...), coup de fil :”Ben alors, tu es encore chez toi, tu ne viens pas ?” - “Non, sûrement pas !” - “Et pourquoi, tu aurais pu prévenir...” - “C’est Vendredi, c’est un jour maudit pour chanter, c’est un jour trop lourd, alors moi je ne viens pas, ça porte malheur ! S’il y a un diable qui passe près du micro, je peux mourir : tu veux que je meure, ou quoi ?”. Et une journée de perdue, une ! François Bréant a eu beau prétendre que la SSL posédait un filtre à diables sur chaque tranche, cette astuce un peu téléphonée n’a pas eu raison des craintes du superstitieux Salif, qui n’est jamais venu à Plus XXX ce Vendredi !

Un beau Dimanche matin, au studio Harry Son, séance avec des musiciens zaïrois. Le seul restaurant des environs du studio est fermé, mais le producteur a prévenu François Bréant : “C’est pas grave, j’apporterai à manger à midi !”. Le voilà qui déboule dans la cabine du studio avec un gros torchon dégoulinant de graisse, qu’il ouvre : tout un train de côtes de mouton, fraîchement cuit. C’était là le menu de toute l’assemblée, qui a mangé sur la moquette, sans couteau, à déchiqueter à la main, sans couteau, les côtes du mouton, en s’en mettant partout... Une ambiance “Guerre du Feu”, avec les hommes préhistoriques se mettant de la graisse partout en mangeant avec les mains, dans une cabine équipée SSL 72 voies et de racks de périphériques plutôt “Star Wars” !

Passons à la pub ! La souris qui se laisse tomber mollement sur un rouleau de papier hygiénique, vous vous rappelez ? Cette anecdote remonte au milieu des années 70 : l’idée reçue dans les milieux musicaux était alors qu’avec n’importe quel synthé, on pouvait imiter n’importe quel son, bien avant les Fairlight, Synclavier et consorts... Bref, voilà qu’on demande à François Bréant de créer un son très spécifique, reconnaissable, personnel, devant évoquer le bruit de la souris tombant sur quelque chose de très très doux. François a beau faire remarquer qu’une souris tombant sur du papier mou ne doit pas faire un gros bruit, les clients de l’agence n’en démordent pas, et le laissent patauger pendant des heures... Au bout du compte, adoptant une approche de bruiteur, le son enregistré sera celui... d’une gomme lancée sur un édredon. Le son le plus navrant, le plus dépourvu d’impact qui soit ! François se demande encore comment l’ingénieur dui son s’est débrouillé pour faire ressortir ce son dans le mix...

Le problème délicat du bruit d’une couche avait été élégamment résolu par le directeur d’une agence de pub parisienne, qui se rendait systématiquement en séance avec, dans sa serviette... une vraie couche ! Il se faisait un plaisir, une fois les voix enregistrées, de procéder lui-même au bruitage du film avant le mixage, et veillait à ce que le froissement de la couche soit audible au final.

Créatifs et concepteurs de l’agence, réalisateur image, réalisateur son, intermédiaires, clients, producteur... il y a toujours du monde derrière l’ingénieur du son lors d’une séance de pub, et le moins qu’on puisse dire est que les bonnes oreilles ne sont pas très nombreuses ! Règlements de compte internes, querelles intestines : tous les avis se contredisent, et c’est aux musiciens, à l’ingénieur du son et au producteur son de louvoyer à travers ce marigot et de sortir quand même quelque chose de satisfaisant. François, derrière son Prophet et son PPG, ne sait plus quoi faire : le producteur lui donne charitablement un coup de main, en lui fournissant cette précieuse indication : “Mon petit François, c’est très simple, on ne veut pas un son qui fait ça (geste évoquant un rond), mais on veut un son qui fait ça (geste évoquant quelque chose de plus sinueux)... Et Bréant s’en est sorti !

Les gens de la pub ont une imagination débordante lorsqu’il s’agit de décrire le son qu’ils désirent entendre au mixage... Un son rouge, bleu ,plus de grave dans les aigus... Le producteur de Douchka (voilà qui ne rajeunit pas !) était célèbre dans le métier pour ses “descentes chromatiques de caisse claire”. Le bruit d’une caisse claire est le plus souvent sans hauteur discernable, le concept de demi-ton appliqué à ce type de son est assez savoureux... Ceux qui connaissaient ledit producteur ne se ruaient pas pour autant vers leurs harmoniseurs : ils savaient que, dans son jargon, cela signifiait “roulement” !

Didier Lozahic fut l’un des premiers supporters inconditionnels des SSL. Il était allé plusieurs fois à Oxford, la connaissait par cœur, et il était très content d’inaugurer celle du studio xxx, en 1982 - une des premières de France. L’installation, comme toujours, venait de se terminer, et un membre de l’équipe technique SSL rôdait encore dans les parages après avoir passé toute la nuit à vérifier les ultimes détails. Bref, Didier arrive, sûr de lui, un rien frimeur face aux musiciens et au producteur, il s’installe à la console (un ordinateur incorporé, vous vous rendez compte ?), boote le logiciel d’exploitation, configure l’engin à sa guise, et, fièrement, lève le fader du micro de voix qui est déjà installé dans le studio, avec le chanteur devant... Rien ! Un rien étonné, Didier jette un coup d’œil à la tranche, aux généraux, aux assignations, au patch, au niveau d’écoute, à l’ampli... rien d’anormal. Il se lève, va dans le studio, vérifie tous les branchements : toujours rien d’anormal. Un peu miné, il se rassied à la console, déclare “Je ne comprends pas ce qui se passe, ça devrait marcher !”... et entend une voix provenant de sous la SSL lui demander “C’est peut-être ça que tu cherches ?”, puis voit une main, celle du technicien SSL que tout le monde avait oublié, secouant le connecteur multibroche faisant arriver toutes les modulations micro à la console, qu’il venait juste de finir de souder !

Au Palais des Congrès, séance avec Diane Dufresne. Grosse équipe de musiciens, les Engel, Top, Salmieri, Cœuriot... en 32 numérique. Le soir, Celmar demande à faire un prémix de ce qui a été fait sur une 2’ analogique, standard qu’il possède chez lui, afin de rajouter des synthés tranquille. Il faut donc synchroniser les deux machines via l’ordinateur de la SSL : pas de problème, tout se passe bien. Comme il reste encore quelques titres à copier, vers 19-20 heures, tout le monde va dîner. De retour, rien ne va plus ! Lorsque Didier Lozahic appuie sur “Play”, le 32 démarre, mais la 24 ne suit pas. Ce type de synchronisation supervisée par la console n’est pas familier à didier, qui appelle la maintenance du studio. Panique à bord, qu’est-ce qui se passe, l’ordinateur est planté, la console déconne.... Tout ça pour s’apercevoir, environ une heure plus tard, après avoir tout passé en revue, que pendant que tout le monde était parti dîner, l’assistant d’une séance d’un studio voisin était venu, sans rien dire à personne, purement et simplement démonter le module de synchronisation proprement dit, situé dans la salle des machines... Il ne servait à rien de s’escrimer sur une sycnhro défaillante, alors qu’en fait il n’y en avait plus !

Ozzy Osbourne était venu enregistrer à Davout : il lui fallait, pratiquement entre chaque phrase, recourir à sa bouteille... d’oxygène pur, louée à l’hôpital du coin, dans le 20è, avec le masque indispensable. Sinon, rien ne sortait, sa gorge et ses voies pulmonaires étant complètement détruites par l’abus de diverses substances généralement prohibées...

Séance de pub (encore !) - recalage sur le 24 pistes d’une musique livrée sur bande 1/4”. L’ingénieur du son annonce au client que cette musique est monophonique. Réponse du client : “Je ne comprends pas, pourtant les aiguilles bougent sur les deux pistes !”.

Premières séances du studio Zorrino, avec Renaud qui vient mixer quelques titres. Quatre heures de travail sur un titre, puis déjeuner. Pendant la pause repas, un assistant assure un re-re de shaker sur une autre bande. Évidemment, en partant, il remet la bande qu'il a trouvée en arrivant, mais, funeste erreur, il laisse la piste qu’il a enregistrée en “Ready”. Didier, retrouvant son fauteuil et ne voyant aucun changement sur la console, ne pense pas un instant qu'un re-re a eu lieu en son absence : il ne vérifie donc pas la télécommande, et, au premier Play/Rec... efface malencontreusement la piste de voix de Renaud.

Premières séances pour Serra et “Léon”, tout est prêt, le studio bichonné pour l’occasion, toutes les machines auscultées, révisées... on se sent bien petit quand, au bout d’un quart d’heure d’une séance aussi importante, le 32 pistes se met à fumer...

Les premiers 32 pistes numériques ont causé bien des soucis à leurs propriétaires pionniers... La partie numérique fonctionnait très bien, mais c’était la mécanique qui était très perfectible. On ne compte plus les bandes multipistes “bouffées” par l’appareil, et rendues inutilisables. En attendant que les ingénieurs nippons trouvent la solution de ce léger problème, le système D était de rigueur. Didier Lozahic se souvient ainsi avoir vu, à Londres, un 32 avec un gros tournevis fiché dans le bloc de têtes ! En modifiant légèrement le positionnement de celui-ci, le défilement était largement amélioré...

Didier Lozahic, toujours, enregistre avec Patrice Tison, célèbre guitariste, en re-re sur un album d’Alain Souchon, enregistré en 24 pistes sur un 3M. Patrice n’arrivait absolument pas à s’accorder : tout allait bien au début du morceau, puis ce qu’il jouait devenait de plus en plus faux : il s’arrêtait, furieux, se réaccordait, mais c’était le début qui était faux. La tension monte, le producteur se fâche, l’ingénieur du son s’énerve, tout le monde se prend la tête, Patrice arrive quand même, en morcelant, à enregistrer ses parties... Quelques jours plus tard, à Londres, même bande, re-re de piano, tout se passe parfaitement bien. Mystère, jusqu’à ce que Didier trouve la solution : le 3M était fatigué, le morceau se trouvait en fin de bobine, et à cet endroit de la bobine, le magnéto n’arrivait plus à garantir un défilement régulier. Rien de bien grave, mais suffisamment pour alerter des oreilles averties et fausser l’accord d’une guitare !

Les téléphones portables sont une source inépuisable d’amusement pour les ingénieurs du son. Imaginez une séance de cordes, une vingtaine de musiciens assis sagement dans le studio avant la prise. Soudain, une sonnerie se fait entendre. Avec un ensemble absolument parfait, les vingt musiciens se penchent vers leur sacoche et en extraient le précieux appareil - un seul prend la communication, les dix-neuf autres rengainent leur portable, l’air déçu.
Les radiations électromagnétiques créées par ces appareils, interférant avec des télécommandes, ont déjà lancé des magnétophones multipistes en enregistrement, sans prévenir... Dans un studio parisien connu, pendant très longtemps, si on allumait la lumière de la cabine, le 3324, lorsqu’il était déjà sous tension, partait tout seul en lecture !

Autre anecdote “à micros” : un grand chanteur barbu, dont nous tairons le nom, était en séance de prise de voix, dans un studio moquetté. La puissance de son organe vocal n’avait vraiment rien d’extraordinaire, il faisait même dans le genre ultra-confidentiel, limite secret-Défense. L’ingénieur du son était très étonné d’entendre, de façon tout à fait aléatoire, des bruits parasites, des claquements, bref des phénomènes tout à fait inhabituels. Examen de la tranche, du patch, des câbles, du micro, changement d’icelui... le même phénomène se reproduit, toujours aussi imprévisiblement. L’ingénieur du son, fort sagace, décèle une recrudescence du phénomène lorsque le chanteur s’approche du Neumann... Au bout de longues tergiversations, la vérité aveuglante lui apparut : la barbe de notre chanteur était chargée d’électricité statique à cause de la moquette, c’étaient ces décharges qui créaient les bruits parasites, reproduits très fort parce que le préampli micro était poussé à fond pour saisir les chuchotements du chanteur ! Parade choisie : l’eau ! Sur la moquette, sur la barbe... et plus aucun clac jusqu’à la fin des séances !

Une dernière : un chanteur recherchait un effet de proximité maximal avec le micro, “pour plus de présence”. Problème : bruits de bouches, plosives, et son affreux pour l’ingénieur du son - la bonnette ne résolvant qu’imparfaitement le problème. L’ingénieur du son annonça alors au chanteur qu’il allait placer avec deux micros. Joie du chanteur : chic, il va m’enregistrer en stéréo... S’il avait su que celui dans lequel il chantait n’était pas branché, et que c’était le second, disposé derrière le premier, qui captait, à distance normale, sa voix !

Richard Marsan, D.A. de Barclay de la grande époque, immortalisé par Léo Ferré dans sa célèbre chanson “Richard”, était un alcoolique notoire. Lors d’une séance de mixage en soirée/nuit avec Bernard Lavilliers au studio de la Grande-Armée, lors du mixage de “Pouvoirs”, Richard avait vraiment beaucoup tâté de la dive bouteille. Son bon sens et sa lucidité n’avaient pas résisté à l’imprégnation alcoolique, et ses prises de parole étaient dépourvues du moindre intérêt. Vers minuit, à l’occasion d’une remarque particulièrement absurde, Lavilliers lui enjoignit fermement de rentrer chez lui et de les laisser travailler, avec Bréant et Harwood. Marsan disparaît donc, la séance se poursuit jusqu’à six/sept heures du matin, où tout le monde se prépare à rentrer chez lui. La disposition des lieux est telle qu’on est obligé, en quittant de la cabine, de traverser le studio d’enregistrement, plongé dans le noir puisque mixage, pour gagner la sortie. Au moment de refermer la porte, Bréant entend un bruit sourd indescriptible, une sorte de râle. Intrigué, il repère la provenance de ce bruit : la cabine batterie. Il s’approche, allume la lumière... et découvre Richard Marsan, étalé dans les toms, les cymbales, les alims et les pieds de micro, dans un désordre insensé. Lorsque Marsan, quelques heures plus tôt, avait dû traverser le studio pour sortir, il n’avait jamais retrouvé son chemin, s’était perdu, et, las de ne pas s’y retrouver, avait décidé tout de go de passer la nuit dans la cabine batterie, qui devait mesurer environ deux mètres carrés !

François Bréant (toujours lui !) mixait “Voyeur extra-lucide”, son premier album solo. Les séances avaient lieu de nuit, à la Grande-Armée, lorsqu’il y avait de la place ! François est à la console avec André Harwood, c’est un Dimanche soir du mois d’Août, et voilà que la climatisation tombe en panne sur le coup de trois/quatre heures du matin. Il n’y a pas de Recall, il faut achever ce qui est commencé, et pas moyen de revenir le lendemain : le studio est booké pour plusieurs mois, nuit et jour ! La cabine est minuscule, la console chauffe, et il n’y a rien pour refroidir l’air. Harwood et Bréant tombent alors la chemise, puis le pantalon et, couverts de sueur, les cheveux ruisselants, tentent de finir leur mix. Vers six heures du matin, la femme de ménage arrive pour commencer sa semaine : elle voit alors, dans la cabine, dans une ambiance absolument torride, deux mecs en slip à la console, couverts de sueur, l’air très concentré sur ce qu’ils font... “Vous inquiétez pas, on est en train de finir de mixer”, lui disaient les deux hommes. “Mais oui, bien sûr, vous mixez”, répondit la femme de ménage, “Et moi, je suis les Beatles”...

Un directeur artistique, toujours en activité aujourd’hui, à un haut poste, appelle un arrangeur, pour lui faire écouter une cassette d’artiste qu’il a l’intention de faire produire. Il le prévient : “Tiens, voilà, je voudrais que tu fasses quelques titres comme arrangeur avec Machine - elle a déjà fait quelques titres, elle m’a donné la cassette, je suis très content du résultat, on voudrait que ça sonne très naturel, très joué, très humain, quoi. Il faudrait que tu t’inspires un peu de ça”. Le D.A ramasse une cassette sur son bureau et la fait écouter à notre ami arrangeur, qui est affligé : ce qu’il entend est une pré-pré-maquette, mal programmée, presque robotique, avec des synthés pourris et une absence de feeling à peu près totale. Il ne dit rien, et continue d’écouter, se demandant vraiment ce qu’il pourra faire avec ça, croyant peut-être à une erreur vu le gouffre entre ce que le D.A. lui avait annoncé et ce qu’il écoute... À la fin de la cassette, le D.A. lui déclare, sans aucune ironie : “Alors, c’est chouette, hein ? Qu’est-ce qu’ils touchent, ces musiciens !”. Et l’arrangeur de se dire que vraiment, si certains D.A. ne sont pas fichus de distinguer une prémaquette mal programmé d’une bande enregistrée avec de vrais musiciens de talent, quelque chose va mal dans le monde du disque...

Dans un petit studio 16 pistes près d’Évreux, récemment ouvert et assez nécessiteux, le propriétaire n’avait pas eu assez d’argent pour acheter une réverbération artificielle, mais il louait les lieux comme si il en avait une. Arrive un client parisien qui vient en confiance, habitué aux périphériques, et qui demande évidemment, à un certain moment, “Est-ce que je peux avoir de la réverbe sur la voix ?”. L’ingénieur du son, bien embêté, a soudain une idée géniale : bricoler avec une épissure lamentable un branchement avec la réverbération interne à ressorts d’un orgue Hammond installé dans le studio. Et le client fut très content...

Best of

Le mainate de Michel Polnareff est resté célèbre dans le métier, plusieurs ingés son me l’ont confirmé. L’illustre chanteur l’emportait avec lui en studio, dans sa cage, et le laissait même parfois voler dans le studio - l’infortuné volatile se fracassant alors régulièrement sur les vitres ou les murs, peu habitué qu’il était à voler vraiment... Polnareff allait parfois jusqu’à distraire une journée de séances de son album pour faire tourner une bande pendant quelques heures, un micro posé devant la cage de son mainate, afin de se faire une cassette de ses meilleurs moments !

Un grand merci à : François Bréant, Philippe Folie-Dupart, Sophia Morizet, Jean-François Pontefract, John Surman, Didier Lozahic, Claude Wagner, DBF, Jean-Claude Égreteau, Philippe Gertou, Laurent Thibault, Pierre Jacquot, Gisèle R.Clark, Christian Orsini...



Cet article est paru dans HOME STUDIO

Copyright © 1997 Franck Ernould (franck.ernould@sfr.fr)

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