Tout ce que vous voudriez savoir sur Sarclo sans avoir jamais eu la moindre envie de demander qui c'était.


(Dossier de presse des concerts au Théâtre d'Ivry) - Merci, Nicole Hollington !



Sarclo, quoiqu'il soit mieux connu des services de police sous son sobriquet civil de Michel de Senarclens,n'est pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche. Le jour qui vit la première fois balayer son œil égrillard au pied de la Tour Eiffel, le 17 juin 1951, vit aussi le dédain d'une mère paresseuse l'abandonner aux bras d'une femme du peuple, sa nourrice, sur le large sein de laquelle il ouvrit une bouche avide. C'était un dimanche. Cette poitrine plébéienne et dominicale en fit ce qu'il est encore aujourd'hui : un populaire cochon et un paresseux goulu (cet auteur intègre me passera ma franchise).

Sous l'effet de l'avidité d'un père pris dans les migrations économiques, Sarclo fut déporté en Suisse une première fois, dans l'indifférence générale, le 12 juillet 1957. Une enfance piétinée par le lucre (son dossier avec la petite fée blonde du jardin Galliéra allait aboutir), Sarclo revint à Paris pour tenter de soutirer sa pitance aux touristes avachis du plateau Beaubourg en les amusant. Immense succès, surtout auprès de la police parisienne , qui en rigole encore entre deux Pastis et une bavure.

Cette deuxième déportation, bien que plus musclée, fut salutaire pour Sarclo, qui de retour enchaîna en ce jour du 24 septembre 1980 un (superbe) diplôme d'architecture et un mariage (raté), tout en maugréant cette prophétie qui, à moins d'un miracle, devrait se réaliser sous peu : «Un jour, je viendrai triompher à Paris». Cette coïncidence insignifiante montre bien la foi un peu sourde de ce luthérien lubrique, qui le poussa à créer Côtes du Rhône Productions l'année suivante, devant le manque d'intérêt complet des producteurs et malgré les conseils avisés de ses proches. C'est sous ce label qu'il produisit ce disque au titre perclus de modestie : "Les plus grands adieux de Sarcloret". Depuis ce jour, le déclin de l'industrie phonographique bat son plein (je ne crois pas que je vais signer ce papier).

Tout le monde connaît la suite : voguant de succès en triomphes, cet éternel amoureux des arts et des lettres s'en alla planter ses mots pointus dans les cœurs des innombrables amateurs de chanson romande que sont les Belges et les Québécois. Après une bonne dizaine d'albums, un prix Georges Brassens, un calcul rénal, plusieurs millions de kilomètres et trois enfants (dont un est peut-être de moi), Sarclo nous revient pour planter ses mots pointus dans le cœur des innombrables amateurs de… Ah…! Merde…! Ca, je l'ai déjà dit…


 

DES FAITS DES DATES SANS DÉCONNER

 

1951 -

Born in Paris (F)

1957 -

Rauss nach Suisse (et toc !)

1977 -

Live with Aguigui Mouna (que peccato…)

1981 -

Côtes du Rhône : LES PLUS GRANDS SUCCÈS DE SARCLORET (2LP) (hélas…)

1983 -

Polydor : LES PREMIERS ADIEUX DE SARCLORET (LP con Ramon Pipin, oye oye…)

1985 -

Côtes du Rhône : LES PULLS DE MA POULE (lavés avec Mir Laine ?)

1987 -

Côtes du Rhône : LES MOTS, C'EST BEAU (CD) (et le son ?)

1988 -

Théâtre du Tourtour, 6 semaines - 412 billets vendus

1990 -

Côtes du Rhône : L'AMOUR, COMMENT PROCÉDER (CD)

Olympia en septembre, nomination pour les Piafs, Prix Georges Brassens (Sarclo toujours tenant du titre : ils ont fait faillite après lui)

1992 -

Côtes du Rhône : UNE TRISTESSE BLEUE ET GRISE (CD)

Théâtre de Dix Heures (avec la visite d'Hélène Hazéra !)

1993 -

Côtes du Rhône : SARCLO-SOLO (CD)

IDIOTENSICHERGESAMMELTEWERKE (ça, c'est vendeur…) : coffret 5 CD's, 87 titres, texte intégral.

Oeuvres complètes (1985-1993), de "T'es belle comme le Petit Larousse à la page des avions" à "Dieu a-t-il les oreilles décollées et le front national ?".

1994 -

Sentier des Halles (novembre)

Compilation EPM : T'ES BELLE COMME LE PETIT LAROUSSE À LA PAGE DES AVIONS

1995 -

Petit Palais des Glaces

1996 -

Côtes du Rhône : L'AMOUR DE L'AMOUR (et la chair à saucisse), featuring Jean-Michel Kajdan (CD) - Distribution Virgin pour Déclic.

CE SOIR ON FAIT LES NOUILLES
Première partie de la tournée française de Renaud, quatre-vingt fois...

Du 9 au 14 décembre 1994 : à l'Olympia.


Sarclo a franchi une étape fondamentale dans sa carrière et on ne peut que s'en réjouir. Rien à jeter dans cette trop courte demi-heure qui en a laissé plus d'un sur leur soif.
Noël Balen - Chorus n°16 (juin 96)


Des textes mordants, une méchanceté réjouissante et un humour au quatrième degré devraient lui assurer un succès inestimable : en vingt minutes, l'homme a soulevé une ovation à faire trembler l'armature du stadium. Puis Renaud est arrivé.
Lionel Pali - Le Provençal (mai 96)

1997 -

Sarclo sur Internet !

Sarclo est en résidence au Théâtre d'Ivry Antoine Vitez, du 14 janvier au 2 février 1997, avec Denis Margadant, Marc Berthoumieux, Yannick Jaulin, et avec la participation amicale à la création de Renaud Séchan.


DISCOGRAPHIE

 

Les plus grands succès de Sarcloret (double LP, CdR Prod)

1981

Les premiers adieux de Sarcloret (Polydor 813 448)

1983

Les pulls de ma poule (CdR 085)

1985

Les mots c'est beau (CdR 287)

1987

L'amour, comment procéder (CdR 190)

1990

Une tristesse bleue et grise (CdR 092)

1992

T'es belle comme le Petit Larousse à la page des avions (compile EPM)

1994

L'amour de l'amour (et la chair à saucisse) (Déclic/Virgin)

1996

Sarclo Live 97

1998

On leur doit des enfants si doux

1998


LES PULLS DE MA POULE

(1985)

  1. Quand tu seras petite (4'35)
  2. Les salauds (3'49)
  3. Courajod (2'34)
  4. Berlin (2'40)
  5. Mon petit bonheur la chance (2'51)
  6. Rue de Berne (2'54)
  7. Les pulls de ma poule (2'48)
  8. Dieu (2'27)
  9. Ducon (2'24)
  10. Mourir, c'est périr un peu (2'26)
  11. Mics macs idéologiques du goulag mou (2'53)


LES MOTS, C'EST BEAU

(compilation sur un seul CD de chansons de "Les plus grands adieux de Sarcloret", réenregistrées pour la circonstance, et de "Les mots c'est beau").

(1987), 4 titres en studio, 16 titres "live"

  1. Encore une fille qui passe (2'37)
  2. Tous les chanteurs sont des crétins (2'22)
  3. J'aime la vie, je fais des bébés (2'38)
  4. On n'est pas assez beau pour les filles qui sont belles (4'11)
  5. La petite laine (2'29)
  6. On a tous un peu peur (2'55)
  7. La valse des dictateurs (1'46)
  8. Le massacre des Suisses Allemands (3'15)
  9. Pas si elles sont pas d'accord (2'02)
  10. Déconner, déconner, déconner (3'16)
  11. Muriel Siki blues (2'43)
  12. La saga des crottes de nez (2'32)
  13. Mon amour a perdu son chapeau (2'16)
  14. Le blues du dimanche soir (3'49)
  15. Comparaison (n'est pas raison) (2'22)
  16. Idéologiquement louche (2'51)
  17. Chansons d'amour (2'44)
  18. Oh ! Nanas (2'04)
  19. Mourir, c'est périr un peu (2'32)


Le meilleur moyen de se procurer le CD du chanteur suisse romand, c'est d'aller l'écouter au Théâtre du Tourtour où il passe.
Sur ce CD, sans donner beaucoup de la voix, il débite avec une tendresse inquiète des couplets narquois qui sacrifient à la métaphysique, «J'aime la vie, je fais des bébés/ Je suis un con multiplié » , à la morale, «
Mangez vos crottes de nez / R'niflez vos pets sous l'édredon», au désespoir «Lundi s'amène comme un mouchard / Y a rien à laisser au hasard», ou à la poésie tout court «Belle comme un jour de grève / Belle comme un radiateur / Belle comme un chou-fleur / Belle comme un crayon» (cf. Breton, «Ma femme aux épaules de Champagne / Ma femme»). Et sa poésie n'oublie pas la prophylaxie «Veuillez me permettre, Madame / De m'introduire sous cellophane». Moralité : «Les ministres de la Culture / Qui décorent CharlÉlie Couture / Évoquent un problème de structure / Et font quelques tours de scrutin / Tous les chanteurs sont des crétins». Entre Perret, Brassens, Bobby Lapointe et Dutronc, comment résister à sa raclette caca-boudin ?

Hélène HAZÉRA


L'AMOUR COMMENT PROCÉDER

(1990, 13 titres en studio)

  1. L'amour, comment procéder (3'30)
  2. D'accord (3'50)
  3. Le vélo (2'10)
  4. Les Chinois (Émoi) (4'15)
  5. Mon papa (3'05)
  6. Pleurer dans tes bras (3'40)
  7. J'en ai marre (3'25)
  8. Mon amie douce (2'20)
  9. Les mouettes (4'25)
  10. Une fille impec (2'35)
  11. Ma mie (2'35)
  12. L'okapi (0'30)
  13. J'en ai marre (rebelote) (2'19)

 

Le fendant Helvète de Tous les chanteurs sont des crétins repart à l'assaut du public français. La chanson-titre l'Amour comment procéder rappelle le premier Sarclo(ret) et ses saillies bravaches «Mais soudain voyant sa cambrure / Qui se soulève et qui conjure / Bien dévoiler son envergure / Et la bourrer sans fioriture» et autres incongruités «Un okapi (pipi) / Qu'une okapi plaqua (caca) / Pour noyer son dépit (pipi) / Consommait du coca (caca)». Le nouveau Sarclo pue le chagrin d'amour, de «D'accord, tu viendras plus passer dimanche avec mes mômes» en «Reviens de temps en temps / Reviens juste un moment /Je voudrais pleurer dans tes bras», de «Mon amie douce a foutu l'camp» à «C'était une fille impec / Dommage qu'elle ait un mec» . Écriture au compas, nette, tendre, pudique et impudique, de jeune papa-Brétecher «Quel est l'enfant de salaud / Qui lui a tiré son vélo») ou vieux fiston filial : «J'pensais pas qu'j'aimais mon papa / au point d'écrire une chanson tendre / Pour lui dire que ça peut attendre / Qu'il peut partir une autre fois». À vérifier au Théâtre de Dix Heures jusqu'au 21 mars.

Hélène HAZÉRA, Libération (février 92)


UNE TRISTESSE BLEUE ET GRISE

(1992, 20 titres en public, 15 musiciens)

  1. J'en ai marre (3'11)
  2. Éloge d'une tristesse bleue et grise (3'34)
  3. Les Kurdes (2'27)
  4. Y aura pas d'amour aujourd'hui (2'33)
  5. Dépasser la douceur (3'04)
  6. Les nichons (2'29)
  7. Sur une lueur de son langage (3'11)
  8. Gaston (1'25)
  9. Le bubon (1'34)
  10. Chavanne (2'15)
  11. Oh !… Nanas… (3'21)
  12. D'accord (3'38)
  13. Pleurer dans tes bras (4'17)
  14. Le stratagème (3'21)
  15. La valse des dictateurs (1'26)
  16. Les salauds (3'47)
  17. Mon petit bonheur la chance (2'36)
  18. Mourir, c'est périr un peu (2'23)
  19. Gaston (1'31)
  20. Éloge d'une tristesse bleue et grise (3'44)

 

SUR LE SENTIER DU SARCLO


L'Amour, comment procéder ?. Quand l'Helvète au charme de jeune premier entame son cours, l'évidence s'impose pour les spectatrices que l'amour, c'est lui. À qui on reconnaît un air plutôt avenant, la tête un peu baissée entre ses épaules de montagnard lorsqu'il balance ses cochoncetés comme un petit garçon montre son zizi. La frustration des chanteurs drôles réside dans le fait que tout à rire, on en oublie parfois d'évaluer la facture verbale. Or, notre Sarclo, qui laissa tomber l'architecture pour entrer en chanson il y a plus de dix ans, pratique (sous les énormités) une écriture au cordeau. Le sexe le turlupine, évidemment, mais La chair à saucisse et la chair à canon, écrite après une visite dans un bar québécois où des jeunes filles gagnaient leur vie en exposant leur nudité devant des hommes habillés, donne amplement matière à réflexion.

De temps en temps, entre un blasphème («Dieu est une magouille de l'opposition») et une néogrivoiserie (Les nichons), il en place une «juste belle», comme Mon papa, où dans les bruits des ambulances et les conversations à mi-voix, se révèle la ténacité des liens du sang. Histoire de rappeler ce dont on n'avait pas douté : Sarcloret est un tendre.

Hélène HAZÉRA, Libération, novembre 1994

 

Chanson fran-çai-se (enfin, suisse) de qualité à la Samaritaine

Sarclo délicieusement barjo

Avec ses jeans ni trop neufs ni trop usés, sa chemise rayée, ses trois guitares électro-acoustiques accordées à l'avance et son harmonica, il est à l'aise Blaise, cool Raoul, détendu l'hurluberlu. Avec un petit air insolent qui n'appartient qu'à lui, Sarclo grimpe sur scène comme on se coule dans sa couche, désinvolte mais… lucide ! «Mon public se divise essentiellement en trois parties», lâche-t-il d'emblée : «La première est celle qui finit toujours par vouloir coucher avec moi, à savoir les femmes ; la deuxième est constituée de ceux qui les accompagnent, et la troisième, des instits de centre gauche Tupperware…»

Sa préoccupation majeure ? Les femmes ! Celles qui l'ont quitté ; celle qu'il a quittée ; celles qu'il zieute dans la rue, perdant chaque fois un petit peu plus de lui-même dans leur sillage ; celles qui titillent ses babines dans les magazines, etc. Mais Sarclo - sans doute l'être le plus (im)pertinent que compte toute la méga Suisse Romande - détient plus d'une vérité bonne à dire et à entendre dans son ciboulot. À propos, justement, des magazines et de la distinction à faire entre ceux qui s'adressent à la gent féminine et à la gent masculine ; à propos de l'improbable rapprochement à faire entre la femme et la viande aussi, et tout spécialement celle de l'étalage de la geande boucherie du Molard à Genève, dias à l'appui.

À propos surtout des odeurs, dont Sarclo est un recenseur hors pair, des critères de définition de la beauté et de toutes ces petites choses honteuses et cachées du quotidien que Sarclo se fait un plaisir d'étaler au grand soir.

Il parle, impitoyable et cynique, entre les chansons, égratignant au passage Herbert Léonard, Bernard-Henri Lévy, Arielle Dombasle et tous leurs petits frères et sœurs, puis parachève le travail en musique, accroché amoureusement à sa guitare.

Avec sa voix qui traîne dans les chansons d'amour intimes, ses rimes qui claquent, ses airs de troubadour sarcastique, on pense parfois à Couture, à Gainsbourg, à Souchon, à Renaud, à dutronc et à Desproges (qu'il cite d'ailleurs passionément). On y pense et on oublie très vite, parce que Sarclo est avant tout Sarclo, délicieusement barjo, insolent et touchant, créateur de chansons inoubliables telles que J'an ai marre, «sa» chanson engagée, Dieu, tube qui a failli donner à la chasteté du Pape des éruptions volcaniques, L'amour, comment procéder, Une fille Impec, Mon papa, J'aime la vie, je fais des bébés, Mourir, c'est périr un peu. Inénarrable, incontournable, imperturbable, Sarclo est vache et vachement attachant. Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous a pas prévenu…

Christelle PROUVOST, Le Soir, Bruxelles, 15 janvier 1994

Sarclo balance… la sauce… aigre-douce

Sarclo jouait son nouveau spectacle, «L'amour de l'amour», au Sentier des Halles du 6 au 10 décembre, à l'occasion de la sortie de sa compilation «T'es belle comme le Petit Larousse à la page des avions». Auteur-compositeur-interprète, Suisse («mais pas trop»), Sarclo était encore architecte quand il a sorti son premier album, «Les pulls de ma poule», en 1985.

Aujourd'hui, après avoir tricoté beaucoup d'autres disques et spectacles, «le chanteur énervant» helvète peut «faire» uniquement l'artiste. Sarclo s'autoproduit (label «Côtes du Rhône»), il est loin des grosses locomotives du marché du disque, et s'il regrette de n'être pas mieux ou plus diffusé, il n'en est pas pour autant aigri. D'ailleurs, il est devenu une référence pour bon nombre (les gazettes helvétiques regorgent d'annonces du style : «J'aime les feux de cheminée, le bon vin et Sarclo»), et gagne suffisamment sa vie pour continuer d'exercer son art librement. Il n'en demande pas plus.

Sarclo adore la scène et ça se voit, un vrai feu d'artifice ! Il s'y balade nonchalamment, nous sert ses «causeries», ajoutant à sa palette un vrai talent de comédien. En plus, il joue de la guitare et son accompagnateur, Denis Margadant, le lui rend très, très bien. Un peu avec la patte de Desproges et la fausse candeur de Souchon, il vous balance ses coups de foudre, de gueule ou de blues, sans avoir l'air d'y toucher, avec gaieté. Mais méfiez-vous de son allure dégingandée d'adolescent lunaire… Sarclo est un «nanar» fou d'aphorismes, un maniaque du beau sexe : il est dan-ge-reux !

quand il sabre notre époque, et il y va avec le «creux de la cuillère», on se tient les côtes. Quand il se met à être tendre, notre vue se brouille. Et la raucité douce de sa voix est une menace pour nos cœurs de midinettes. Ajoutez à cela une plume scandaleusement belle, qui se promène sans accroc de la «pure» poésie au langage de charretier sur des musiques non moins consistantes… Si vous ne craignez pas le choc, courez le voir. Il sera au Patit Palais des Glaces, à Paris, du 28 mars au 15 avril 1995. Parce que quand même, comme il dit : «Le plaisir est une chose qui apporte bien des satisfactions».

Grenade JAVA, L'Humanité, 15 décembre 1994


SARCLO SOLO

(1993, Extraits de spectacles, baratins divers et chansons improbables)

 

  1. La Gibson (2'13)
  2. Baratin d'intro (3'04)
  3. Comparaison (n'est pas raison) (1'56)
  4. Ma mie (2'10)
  5. Les nichons (2'09)
  6. L'amour, comment procéder (1'48)
  7. Le plaisir masculin (4'22)
  8. Une fille impec (1'53)
  9. Mon amie douce (1'57)
  10. L'association (2'56)
  11. Mon papa (2'11)
  12. Encore une histoire de cabinets (5'09)
  13. Quand tu seras petite (3'19)
  14. J'aime la vie, je fais des bébés (3'03)
  15. À ma femme endormie (1'52)
  16. Les Chinois (2'54)
  17. Le labeur pour les épinards (2'17)
  18. Nouvelle-chanson-suisse-romande-écolo-caca-pipi-talking-blues (2'27)
  19. Betty Bossy (Oh ! lala !) (1'53)
  20. Une Warteck et un Cardinal, terrasse ! (1'52)
  21. Petite voix, petite quiquétte (5'21)
  22. La Saga des machins et des zinzins (5'00)
  23. Le meuh de la fin (2'40)


SARCLO, L'AMOUREUX DES COMPLAINTES

Ce chanteur suisse, croisement original de Georges Brassens et de Pierre Desproges, s'installe au Palais des Glaces.


Sur disque, des arrangements un peu conventionnels ont parfois tiré vers la mièvrerie des chansons qui ne le méritaient pas. Mardi 28 mars, dans le cadre intime du Petit Palais des glaces, pour le premier concert d'une série qui s'arrêtera le 15 avril, Sarclo a démontré l'humour et le charme incisif de compositions qui bousculent gentiment l'image trop sage du "chanteur francophone de qualité".

Citoyen suisse, il hésita longuement entre l'architecture et la musique. En 1981, fraîchement diplômé de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, il enregistre son premier disque, "Les Plus Grands Succès de Sarcloret", publié par les Productions Côtes du Rhône, créées pour l'occasion. Son amour de Brassens et de Dylan, des complaintes et des protest songs prend finalement le dessus. Six albums plus tard, c'est un garçon à la maturité avenante - genre de croisement entre Souchon et le sympathique "instit" Gérard Klein - qui affûte des mots mieux que jamais.

"L'amour de l'amour"

Sur scène, Sarclo et sa six cordes se contentent d'un complice. Guitariste d'exception, Denis Margadant a déjà officié derrière quelques grands noms de la variété française (Eddy Mitchell, Maxime Le Forestier). L'élégance boisée, la clarté de son jeu, son allant mélodique, s'accordent bien aux mots simples et frondeurs du chanteur helvète.

Exigeant, précis, l'auteur préfère les noms et les verbes aux adjectifs. Ses flèches n'en visent que plus juste. Les mots souvent viennent avant la musique.

Les chansons de Sarclo s'accompagnent de dialogues pince-sans-rire avec son public, de poèmes iconoclastes et d'aphorismes de son cru ("Le plaisir est une chose qui apporte bien des satisfactions"). On repère des thèmes permanents, "l'amour de l'amour" surtout, ou plutôt, l'amour des femmes, de l'érotisme grivois à la tendresse pure. Les hommes, lui compris, sont plus sévèrement décrits. L'humeur aigre-douce de sa fausse candeur passe facilement du bleu au gris.

La misanthropie rigolarde de Pierre Desproges n'est pas loin, mais Sarclo se défie de trop de méchanceté. L'enfance et ses souvenirs sont ses garde-fous, et les rêveries de cour de récréation lui inspirent quelques belles trouvailles poétiques ("T'es belle comme le Petit Larousse à la page des avions"). De là aussi s'échappent les moments les plus émouvants.

Chanson simple et pudique, Mon papa fit taire les rires pour touches juste. 'Je ne pensais pas que j'aimais mon papa / Au point d'écrire une chanson tendre / Pour lui dire que ça peut attendre / Qu'il peut partir une autre fois / Je ne pensais pas que j'aimais mon papa / Au point d'aimer les ambulances / Les infirmières et les silences / De nos visites faites à mi-voix"

Stéphane Davet, Le Monde (7 avril 1995)

 

SARCLO : ENTHOUSIASMANT !

Sarclo arrive sur la scène en disant «Amis de la chanson française de qualité, bonsoir !». On comprend tout de suite qu'il plaisante. Les poètes n'aiment pas ces labels, et il refusera toujours qu'on écrive qu'il est «un chanteur français de qualité», même si c'est vrai ! D'ailleurs, ce n'est même pas vrai, il est suisse.

Avec la complicité du guitariste Jean-Michel Kajdan (lumineux, parfait), Sarclo donne donc un concert tendre, le sourire en coin, le cœur aux aguets - car c'est de cela qu'il parle, de l'amour. Sarclo n'est pas un contemplatif béat, il détaille les petits tracas, les attentes, les redites, les impatiences, les émerveillements. Il chante «Moi qui t'aime comme un gardon qui tourne en rond dans un Canadair», ce qui est bien connaître l'amour. Il est souvent bluesy, à mi-chemin de du Bellay et de Robert Johnson.

Musicalement, on lui trouverait des équivalences Outre-Atlantique, chez les Terry Lee Hale, Townes Van Zandt, Loudon Wainwright III. Ou, en France, chez un CharlÉlie Couture acoustique, chez un Bourvil très contemporain. Mais pas chez Duteil.

Avec de jolies images, des vers mignons, des mots tout simples, Sarclo fait beaucoup mieux que bien d'autres avec les mêmes outils. Car ses chansons pratiquent la tendresse corrosive, le sourire sans illusion, la colère parfumée. Sarclo est un sale gosse, que ses gros mots font rougir, que l'amour affole, que la vie étourdit. Il dit deux délirants poèmes lestes, se lance dans d'hilarantes explications de ses chansons, prononce des aphorismes définitifs («Je ne crains point, car le Seigneur est mon berger allemand»), rappelle des choses bien utiles sur Dieu, souffle dans un harmonica «pour faire comme Robert Zimmerman jeune»… Évidemment, la soirée est enthousiasmante.

Bertrand DICALE, Le Figaro, 8/9 avril 1995




L'AMOUR DE L'AMOUR

(et la chair à saucisse)

(1996)

  1. À fond les ballons (2'28)
  2. Du brun (3'22)
  3. L'amour, quel bordel (2'24)
  4. Les riches (3'22)
  5. Petite chanson d'automne (1'40)
  6. Les danseuses nues (2'57)
  7. Quand tu te tires (2'42)
  8. La chair à saucisse (3'53)
  9. La quarantaine rugissante (3'30)
  10. Le bonheur (4'07)
  11. Les garagistes (2'32)
  12. Furieuse et belle (3'02)
  13. L'aveugle (2'47)
  14. Souvenirs de voyage (4'07)
  15. Incorrigible hiver (4'23)



Sarclo aime la vie, il lui fait des bébés de plus en plus jolis. Témoin ce huitième disque, à la pochette amusante et compliquée, agrémentée des dessins colorés et sautillants de Poussin. Dans cette réalisation de Jean-Michel Kajdan, les guitares dominent, sobres, nerveuses, de la ballade au blues-rock, appuyées ici d'un accordéon dansant, là d'un accordéon mélancolique. Le tout s'accorde à la voix, bien présente, entre sourire et brisure, tristesse et gaieté.
Sous le titre un peu abscons, le chantiste helvète s'attaque à ses deux thèmes favoris. D'un côté l'amour, sous toutes ses facettes : poétique, trivial, rigolo, d'une douceur doucereuse, tous sens dehors ou dans l'absence ; de l'autre tout ce qui bousille l'être humain : l'être humain lui-même, via Dieu, la guerre, l'argent. Fort heureusement, des deux côtés, Sarclo ne se prend jamais tout à fait au sérieux. Il règle ses comptes sans méchanceté, sa rébellion reste bourrée de fantaisie, voire de loufoquerie, un mot farceur finit toujours par torpiller la détresse.
Peaufineur spontané, il nous conseille dans un français plaisamment esquinté des lectures instructives, donne du corps à des termes comme amertume ou estime , du sens à ses flashes de notre monde - sida, Irlande, Bosnie, misère... Et ce pudique sait même chanter la tendresse toute nue, naïve, avec le rêveur et bucolique Bonheur, de son compatriote Jean Villard-Gilles
Pascale Bigot (CHORUS, N°15, avril 96)



Voici le tout nouvel album (déjà le septième !) du chanteur suisse énervant, qu'on peut situer quelque part entre Pierre Desproges, Albert Marcoeur, Renaud et Richard Desjardins... Cette fois, Sarclo a mis le paquet : l'album a été enregistré par Manfred Kovacic (ex-Bashung) dans son studio du Midi, mixé à Ferber, et la production signée Jean-Michel Kajdan donne un côté très "rock" au disque. L'esprit Sarclo est intact, mêlant chansons vachardes, tendres, polémiques, provocatrices, la lecture des textes de pochette est un vrai régal ! Sarclo mérite bien mieux que le mépris des médias et des radios...

Franck Ernould (KEYBOARDS, N° 100, juin 96)

Sarclo-sur-Seine

Depuis une petite décade, ici - comme ailleurs, où l'on aime un certain classicisme dans la chanson - on défend Sarclo(ret). Ce Suisse avenant qui a laissé tomber le compas d'architecte pour la guitare est un auteur fin, aussi bien capable de manier l'humour que l'émotion. En fait, il a tout pour plaire, dont des chansons fignolées et ses saillies amusantes quand il cause. Il aura fallu un peu de temps pour que les professionnels le découvrent, Renaud, de son côté, lui ayant permis l'accès au grand public en le prenant pour ses premières parties. Cette fois-ci, c'est le théâtre d'Ivry qui lui offre l'asile.

Hélène Hazéra, Libération, 13 janvier 1997

Sarclo à Ivry, ou de l'utilité de mettre les chanteurs en résidence-création. Les mordants sarcasmes et la pudique tendresse de l'Helvète, ses fragilités, ses élans du cœur et ses coups de cafard nous touchent encore plus, mis en valeur par des éclairages pertinents et par les petites chorégraphies rigolotes mises au point avec Yannick Jaulin. Enfin, l'accordéon de Marc Berthoumieux enrichit d'un moelleux, d'une rondeur bienvenus les guitares agiles de Denis Margadant. Un vrai spectacle, poignant, aigu et souriant, à vous faire aimer la vie, quand même.

Pascale Bigot, TÉLÉRAMA PARIS, 22 janvier 1997

Sarclo, "L'amour de l'amour" (et la chair à saucisse)

fff

Ce disque, sorti il y a déjà belle lurette (à peine dix mois, n'exagérons rien, NDR), nous est parvenu tardivement pour nous être aussitôt volé (bon, emprunté...). On l'a réclamé, il est revenu ; des oreilles qui traînaient par là s'en sont à nouveau emparées... Sarclo, décidément, ne laisse pas indifférent ! avant qu'un prochain amateur ne survienne, on se dépêche de dire tout le bien qu'on pense de Michel de Senarclens - dit Sarcloret, Sarclo à présent. Lequel n'en est pas à sa première galette ; mais il semble qu'enfin - et on en est reconnaissant à Renaud, qui l'a accueilli en première partie de sa tournée l'année dern!ère - un public plus large partage désormais la saveur douce et drue de ses dires.

Java, country ou rock, guinchantes tourneries ou caressantes ballades, au fil des chansons résonne la belle parentèle avec Perret et Barrier, Brassens et Louki. On aime le coté gaulois de ce Suisse qui fête l'amour avec un généreux appétit. On aime aussi sa cocasserie qui plaisante la vanité humaine en général et mascluine en particulier. On aime encore sa mordante ironie aux prises avec la bêtise, la hargne, la haine : chez Sarclo, l'humour est le bras d'honneur du désespoir. On aime enfin sa tendresse infinie pour les amantes et les amis, les souvenirs et les saisons... Toutes les plages de cet album ne sont pas également séduisantes : mais cette "quarantaine rugissante" sonne salubre, oxygénante.

Anne-Marie Paquotte, TÉLÉRAMA, 22 février 1997


PORTRAIT

SARCLORET

Le sourire qui mord

(ou quinze ans de chansons lumineuses, d'humour rebelle et de tendresse nue)

 

Avec Thiéfaine, Sarclo est un des rares artistes francophones à être, de leur vivant, passés pour morts. Sauf que lui l'a fait exprès. Un copain journaliste a téléphoné dans les rédactions et tous deux se sont fort réjouis des réactions - d'abord affligées, puis carrément indignées dès que les farceurs ont révélé la supercherie. Faut-il être fou pour s'offrir ce genre de plaisir !... Surtout dans un pays aussi sage et propret que la Suisse. Pourtant, reconnaît l'intéressé, "J'ai plaisir à être Suisse, quand je prends un journal dans une caisse en pleine rue : je suis libre de payer ou pas. Cela a un côté ridicule, mais admirable. La Suisse est aussi le lieu où les francophones sont protestants ou calvinistes, ce qui donne la langue de Ramuz, de Gilles ou de Rocard. Mon seul suissisme est peut-être celui-là.

Ce n'est pas rien, à en juger par l'extrême exigence de son écriture. "Je n'écris pas pour la génération Chevignon, mais, comme l'a dit un journaliste québécois, pour des adultes consentants. J'écris des standards, des chansons faites pour durer. Plutôt que de la prétention, je crois que c'est du bonheur".

Issu d'une famille aristocrate, nanti d'un papa juriste, Sarclo a commencé par faire l'architecte dans les années 70, tout en cultivant un penchant certain pour la complainte et le protest song : Brassens, que sa mère lui a appris à aimer, et Dylan. avec eux, il a pas mal d'affinités : le mot qui amène la musique, le mordant, l'individualisme. Sarclo, lauréat des Journées Georges Brassens de Sète en 90, est le digne descendant, frondeur et trublion, de celui qui savait bien que "le pluriel ne vaut rien à l'homme". Cela ne l'empâche pas, d'ailleurs, de s'intéresser aux autres : l'une de ses chansons est dédiée à Desproges, il a monté une association pour la chanson en Suisse, a tourné avec Michel Bühler dans un spectacle consacré à Gilles.

Curieux de tout, épris de la vie, Sarclo a judicieusement intitulé son spectacle L'Amour de l'amour (et la chair à saucisse...) ; faut-il y voir les deux faces de la vie, l'une assez bleue, l'autre franchement caca d'oie ? Après tout, le nom de Sarcloret possède lui aussi deux faces : le mot "sarcler", un côté jardinier, secret et bucolique ; et le mot "sarcasme", les flèches qui fusent, impitoyables.

Plein de gros mots et de mots doux, l'émotion subtile et l'anarchisme assez rigolars. Ses spectacles, du reste, sont assez étonnants : la moitié de la salle peut rire et l'autre fondre en larmes. "J'aime quand le rire s'étrangle. Le rire, dit-on, est la politesse du désespoir : certains sont plus polis que d'autres". Qu'il évoque capotes ou crottes de nez, l'humour iconoclaste de Sarclo, loin de toute complaisance vulgaire et repue, est plutôt le symptôme d'une inquiétude, le garde-fou s'une fragilité qui refuse de s'étaler.

Comme Souchon, ce rêveur lucide a le don plutôt rare de faire jaillir de l'enfance des images composées de quotidien et d'émerveillement : "T'es belle comme le Petit Larousse à la page des avions" !

Dans cette poésie drolatique barbotent pêle-mêle une paire de bottes en caoutchouc, le vélo du champion local Albert Courageod, "une couleur sauvage, un son écru", et des lambeaux de tendresse pure arrachés à la pudeur : Je ne pensais pas que j'aimais mon papa / Au point d'aimer les ambulances / Les infirmières et les silences / De nos visites faites à mi-voix" ("Mon papa").

S'il est fier de ses mots, Sarclo se reconnaît peu musicien ; mais il a commis quelques jolies ritournelles et danses nerveuses, et il sait s'entourer. Benoît Corboz, spécialiste ès synthés, lui a apporté longtemps ses arrangements insolites. Aujourd'hui, sur scène, le guitariste Denis Margadant, qui réalisera les arrangements de son prochain album, impose en douceur sa luminosité multicolore, directe et élégante. "J'avais le choix : engager un guitariste ou un sonorisateur. J'ai pris un guitariste : au moins, pendant qu'il joue, il ne tripote pas les boutons".

Depuis quinze ans qu'il tourne et avec sept albums, la Suisse aime bien son Sarclo, mais en France, malgré plusieurs tournées et séries parisiennes, on ne connaît pas assez l'animal. Architecte, Sarclo a toujours abordé la chanson comme une nécessité intérieure, non comme un gagne-pain ; pratique pour suivre librement son rythme, mais nuisible aux résultats dits "quantitatifs". Plus profondément, sans doute a-t-il voulu se préserver.

Voici quelques années, dans les petits lieux, Sarclo chantait en charentaises, histoire de bien faire comprendre que là on entrait chez lui, dans sa bulle intime : à prendre ou à laisser.

Sa désinvolture à la Dutronc, sa dérision à rebrousse-poil ont longtemps dérouté, mais ces dernières années, Sarclo s'est risqué en solo. Après avoir pris, comme tout le monde, une flopée de musiciens, il a un beau jour découvert Richard Desjardins : ce gaillard tout seul, ça vous a de l'allure - de la vérité. Sarclo s'est donc sérieusement mis à la guitare. Bon, il ne se prend pas pour J.J. Cale, il connaît ses limites, mais il a gagné en souplesse. Sa voix a pris de l'impact (et de la justesse !), il parle moins et, surtout, différemment, an une complicité émue et amusée avec son public. "Sur scène, je suis maintenant, quelqu'un d'heureux et d'adulte". Il a aussi dénoué l'écheveau d'une vie personnelle "un peu embrouillée" ; il vit désormais en France, à quelques kilomètres de la frontière suisse, à Vulbens (où il a installé son propre label, les Productions Côtes du Rhône !), il a mis l'architecture de côté et s'est doté d'un vértiable entourage professionnel. Enfin, comme le dit une de ses nouvelles chansons, il a "la quarantaine rugissante, mais pas très méchanté"... Même si "la vie n'est pas toujours facile pour un gynécologue amateur" !

Pascale Bigot, CHORUS N°10 (janvier 1995)

 

Bonjour, Bonjour les hirondelles (émission quotidienne d'Alain Poulanges sur France Inter)

 

Du 13 au 17 janvier, 11h-12h : SARCLO À FOND LES BALLONS

Furieuse et belle, drôle et rebelle, sa poésie désinvolte met sa tendresse à nu.

"Les mots, c'est beau", constatait Sarclo dans son quatrième album avant de les teinter, en 1992, d'une tristesse bleue et grise. Héritier de Brassens, de Desproges et de Dylan, doté d'une nonchalance "souchonienne" et d'une désinvolture "dutronnienne", auteur-compositeur, quinze années de chansons lumineuses l'ont conduit récemment à l'Amour de l'amour (et la chair à saucisse). Citoyen suisse, il hésite lo,gtemps entre l'architecture et la musique. En 1981, diplômé de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, il enregistre son premier disque, Les plus grands succès de Sarcloret. Prix Georges Brassens en 1990, il assume aujourd'hui la première partie de Renaud, et, en tête d'affiche, affirme sa maturité artistique au théâtre d'Ivry, du 14 janvier au 2 février. En prélude à cette consécration, alain Poulanges, défenseur acharné de la chanson française dite de qualité, lui consacre le feuilleton musical de la semaine qui s'achèvera avec la prestation sur scène et en direct de David Mac Neil qui présente, en avant-première, son spectacle à l'Olympia du 27 janvier.

Jacques Luent, La Semaine n° 193 (11/17 janvier 1997) (hebdo des programmes de Radio France)


SARCLO Live 97

(Michel et Denis jouent à Paris)

(1998)

  1. Baratin (0'11)
  2. À fond les ballons (2'17)
  3. J'en ai marre (2'57)
  4. Baratin (0'20)
  5. Du brun (3'58)
  6. Baratin (0'13)
  7. Le vélo (2'08)
  8. Baratin (0'20)
  9. L'aveugle (2'42)
  10. Comparaison n'est pas raison (1'43)
  11. Baratin (0'17)
  12. Mon Papa (2'04)
  13. Baratin (0'15)
  14. La chair à saucisse (2'51)
  15. Baratin (0'42)
  16. Souvenirs de tournée (3'42)
  17. Quand tu seras petite (4'10)
  18. Baratin (4'20)
  19. Quand tu te tires (2'37)
  20. J'aime la vie, je fais des bébés (2'45)
  21. Baratin (0'24)
  22. Les Kurdes (3'35)
  23. Les riches (2'37)
  24. Ducon (3'03)
  25. Baratin (0'17)
  26. Mourir, c'est périr un peu (2'20)
  27. Baratin (0'38)
  28. Dieu (3'40)
  29. Baratin (0'17)
  30. L'amour, quel bordel (2'50)
  31. Pleurer dans tes bras (5'50)

1 à 16 enregistrés à l'Olympia en Décembre 96

17 à 31 enregistrés au Théâtre Antoinez Vitez d'Ivry-sur-Seine, janvier 97


ON LEUR DOIT DES ENFANTS SI DOUX

(1998)

  1. J'ai bien connu les filles comme vous (3'26)
  2. Les dames de gauche tricotent (2'11)
  3. La photo (2'54)
  4. Jardin d'enfants (2'53)
  5. Albert (2'36)
  6. Chanson pour Nicole (2'46)
  7. M. et Mme le Maire de Vitrolles (1'55)
  8. La génisse (2'12)
  9. Comment faire une belle carrière à l'armée (2'47)
  10. À une belle inconnue (2'25)
  11. Juste un mec (4'20)
  12. Ce soir elle dort chez sa maman (3'30)
  13. Zoé (2'36)
  14. Tiercé gagnant(2'43)

 Je trouve cet album encore plus émouvant que les autres. Sarclo est décidément ailleurs...



Documents compilés (sans autorisation !) par Franck Ernould(franck.ernould@sfr.fr)


Contact Côtes du Rhône Productions : 74520 VULBENS (04 50 04 20 58)

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