7è Forum International du Son Multicanal


Pour sa septième édition, le Forum International du Son Multicanal s’est installé les 4 et 5 novembre dans la Salle d’Art Lyrique du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), avec une petite incursion à la Géode. Comme d’habitude, le programme était dense et varié : broadcast, musique, cinéma…

Première matinée

Microsoft


Consacrée à la diffusion et au broadcast, la première matinée commençait par un discours introductif d’Alain Poirier, Directeur du CNSMDP, suivi d’une intervention de Xavier Bringué (division Digital Media de Microsoft France).
Jusqu’ici, les installations audiovisuelles des particuliers sont centrées autour de la chaîne de salon, passée de la stéréo au multicanal. Depuis, le monde de l’Internet a beaucoup avancé, et la progression du haut débit (4 millions d’abonnés ADSL en France) permet, selon Microsoft, de « sortir » l’ordinateur du bureau et d’en faire un centre multimédia numérique, tournant bien sûr sous Windows XP version Media Center (présenté dans sa version 2005), qui permet de gérer les fonctions audio et vidéo via une télécommande conviviale, sans souris. Il faut un PC musclé (3 GHz de fréquence processeur minimum), mais la plupart des machines disponibles actuellement sont à la hauteur sans problème.
Cette évolution suppose une réduction du débit numérique de données, effectuée bien entendu hors de tout standard, au format propriétaire Windows Media (audio et vidéo), ainsi qu’une gestion fine et précise des droits numériques. Les données ne doivent pas pour autant se trouver confinées dans l’unité centrale : il faut pouvoir « sortir » du salon, par exemple via une distribution sans fil ou par l’intermédiaire de courants porteurs – voire par terminaux portables. Dans le sens inverse, pour amener les données dans le salon en toute légalité, il faut assurer une offre commerciale, déjà disponible aujourd’hui en téléchargement sur Internet (Aero, le dernier album de Jean Michel Jarre, est ainsi davantage acheté en 5.1 qu’en version stéréo).
Les codecs utilisés pour les formats Windows Media Player utilisent des algorithmes offrant un choix étendu de qualités audio, de la basse résolution au très haut débit (7.1 en qualité 24/96, selon Microsoft). Du côté de la vidéo, on retrouve la même adaptabilité, de la télévision sur téléphone mobile à la haute définition 720p, comme utilisé sur les DVD de nouvelle génération (sous forme d’un DVD-ROM) en attendant les formats de prochaine génération, BD (Blu-ray Disc) ou HD-DVD fin 2005/début 2006.
L’étape suivante a déjà commencé : elle consiste à porter les codecs Microsoft sur les appareils utilisés dans la maison, donc à les intégrer dans les puces des appareils grand public. On en compte déjà plus de 750 modèles, du lecteur DVD à l’ampli audio/vidéo, en passant par les consoles de jeu, les baladeurs, les autoradios…
Côté protection contre le piratage, une approche efficace consiste à empêcher le partage d’un fichier, autrement dit à en contrôler l’utilisation et non la distribution. La dernière étape consistera à intégrer cette gestion de données dans l’amplificateur.
Le son multicanal sur ADSL via Internet est une réalité aujourd’hui ; comme le DAB n’a jamais pris en France, le multicanal passera par l’IP. La vidéo on demand en 5.1 sur ADSL est aussi déjà une réalité. Les formats Microsoft, admis sur les DVD de nouvelle génération, sont en cours d’étude pour la DVB.


Radio et Multicanal


La défection de Canal +, qui devait revenir sur ses récentes expériences de diffusion sur satellite en son 5.1, a laissé double durée à Bosse Ternström, de la radio-télévision suédoise – ce qui lui a permis de faire écouter nombre d’exemples d’émissions ou concerts mixés en 5.1.
Selon Ternström, la radio en multicanal offre de nombreuses nouvelles opportunités, davantage de profondeur et d’impact, un son se déployant à 360° autour de l’auditeur, et, pour les producteurs
La Suède est en effet, avec le Japon, le pays le plus ouvert au 5.1 ! Le public reçoit le flux correspondant en DVB, ou sur Internet – là-bas, les 6 Mbits/s chez soi sont une réalité pour 40 euros par mois – et les programmes sont très variés, allant de Pop Stars à des concerts classiques, reggae, hip, hop, en passant par des dramatiques parfois spectaculaires. Les curieux iront télécharger les fichiers dts sur le site www.sr.se (plus de 5,5 millions de téléchargements depuis leur mise en ligne !), « déguisés » en fichiers wav, qu’il faut graver sur CD audio avant de pouvoir les écouter, via un lecteur de CD ordinaire relié en S/PDIF optique ou coaxial à un ampli multicanal.


Premier après-midi


Au programme, l’écoute commentée de divers projets musicaux en multicanal, qu’il s’agisse d’opéra (Les Troyens, d’Hector Berlioz, sorti en DVD et diffusé en direct en stéréo sur France Télévision), ou de musique contemporaine (plusieurs SACD sont déjà parus sur le label Signatures de Radio France). Notons également un concert des Stranglers habilement remixé en multicanal…
Jérôme Alexandre (France 3), fidèle habitué du Forum, a ensuite présenté plusieurs projets multicanaux qu’il a supervisés au cours de l’année écoulée : des téléfilms, des spectacles d’humoristes, et des concerts de Massilia Sound System et de la famille Ceccarelli. Dans ce dernier cas, où l’effectif était de quatre batteries de jazz, la commande de la chaîne régionale était simplement « mono » ! Comme à son habitude, Alexandre a dû jongler avec les durées de mixage, afin de ne rien facturer en plus aux productions, et respecter la compatibilité avec la stéréo Nicam. Un tour de force dont il est coutumier (3 jours pour mixer les 18 titres du concert, bien chargé, de Massilia Sound System !), et qu’il décrit, avec humour, comme une « pratique empirique non normée, mais qui donne des résultats… » !
Bernard Leroux, mixeur cinéma bien connu (deux Césars à son actif), a ensuite décrit son travail sur le téléfilm de prestige de TF1 Julie, Chevalier de Maupin. Air connu : la demande était de la « simple » stéréo, pour la diffusion, mais Bernard est allé jusqu’au 5.1, pour le DVD. Rien de simple, avec seulement 15 jours pour mixer 2 fois 1 h 30 ! Il a donc fallu préparer soigneusement le travail au niveau du montage son, qui a bénéficié de 5 semaines par épisode au lieu des 3 prévus. Bernard Leroux expliquait que, selon lui, la stéréo est plus intéressante à écouter quand elle dérive d’un mixage 5.1, dont les éléments sont forcément plus « propres » avant spatialisation. Il a dû surveiller particulièrement la dynamique : même si les recommandations TV admettent jusqu’à 30 dB, on se trouve en réalité plus souvent proche de 15, voire 7/8 dB sur les dialogues.
La BBC était également présente cet après-midi, en la personne de Bill Whiston, qui retraça l’histoire de 40 ans de prise de son des retransmissions sur le central, de la mono au 5.1. Jusqu’au milieu des années 70, la simplicité règne : deux micros en tout et pour tout – un au-dessus de la chaise d’arbitre (pour les ambiances et les bruits de balles), un devant l’arbitre pour entendre ses indications, le score… Le dispositif s’affine un peu ensuite, puisqu’au micro de l’arbitre viennent s’ajouter deux micros d’ambiance derrière la chaise, un micro dans le public, et un disposé au niveau du filet. Les années suivantes voient les micros s’accumuler (couples MS diversement orientés), avec des retards, et le mixage devient complexe, puisque selon la phase de jeu, c’est tel ou tel dispositif qui est prépondérant dans le son antenne. Après un passage en stéréo compatible Pro-Logic, le son est désormais mixé au format 5.1, le signal correspondant transporté en Dolby E.
C’est Kimio Hamasaki, de la NHK, qui concluait la journée en proposant divers exemples de production multicanal de la télévision japonaise. La télévision numérique est une réalité là-bas depuis 2000 (satellite) et fin 2003 (terrestre) ; tous les concerts de la NHK sont enregistrés en 5.1 en plus de la stéréo, et la plupart des retransmissions sportives possèdent un son multicanal. Dans ce cas, l’approche de la « meilleure place » implique l’adoption de techniques très différentes selon le sport, qu’il s’agisse de sumo, de rugby, de courses équestres… même si, le plus souvent, le canal central est réservé aux commentaires.
Kimio a fait rêver l’assistance en révélant que la NHK travaille sur des projets d’installation en… 22.2 !!! Conçu pour des projections sur très grand écran très haute résolution (Sony prévoit 4000 lignes et 600 pouces de diagonale), ce format Surround utilise une rangée de 9 enceintes disposées en haut de l’écran (face et côtés), 10 en une rangée intermédiaire et 3 en bas, ainsi que 2 caissons de graves. Il a évidemment fallu développer des outils technologiques pointus pour faciliter le travail à ce format : l’approche de l’Integrated Surround Sound Panning System utilise les coordonnées polaires (rayon et angle) pour placer le son dans l’image 22.2, en tenant compte de l’absorption progressive des aigus, etc. On dispose donc de deux faders (niveau et distance) et d’un panoramique à 360°..


Seconde matinée


Ce sont les Français de la société Trinnov qui entamaient la matinée. Sébastien Montoya, Responsable Produit, est revenu sur le principe de fonctionnement de ce système de prise de son, qui utilise 8 micros et un traitement numérique sophistiqué afin de recréer des courbes de directivité du 5è ordre, asymétriques de surcroît, impossibles à obtenir avec des solutions conventionnelles. On obtient ainsi une haute résolution spatiale, permettant d’enregistrer avec une grande précision les moindres variations acoustiques du phénomène sonore enregistré – exemples sonores à l’appui. Le processeur numérique SRP utilise 40 filtres FFT, travaillant à 1024 fréquences, et traitant les convolutions par blocs. Le système est bien entendu évolutif : si 8 micros suffisent en 5.1, il faut en prévoir 10 en 7.1 et au moins 30/35 en 22.2 !
Une équipe de prise de son du CNSMDP a adopté une approche originale pour l’œuvre de Pierre Boulez, Répons. Le compositeur prévoit d’emblée une spatialisation très marquée des différents instruments solistes (2 pianos, cymbalum, xylophone, vibraphone, harpe), traités par informatique en direct et diffusés sur 6 points en hauteur, les cordes, bois et cuivres adoptant une position centrale, entourés par le public. Alexis Baskind, Jean-Marc Lyzwa et Xavier Meunier ont donc combiné techniques transaurales et panoramique d’intensité à leur prise de son multicanale 5.1, en récupérant des outils issus du Spatialisateur de l’IRCAM. Le résultat est très intéressant, avec des sensations jusqu’alors inconnues avec des techniques traditionnelles.
La présentation suivante était consacrée au procédé Ambisonics. Anthony G. Morris revenait, par vidéo interposée (il avait eu un empêchement de dernière minute), sur les bases du procédé, ainsi que sur son expérience personnelle. Quelques exemples sonores suivaient.


Second après-midi


Jean-Marie Geijsen, de Polyhymnia International, était venu présenter dans le détail une prise de son difficile : Rouslan et Ludmila, un opéra de Glinka (3 heures 1/2), au Bolchoï, directement en DSD, au cours de représentations publiques. Le système Pyramix utilisé pour l’enregistrement n’offrait que 8 pistes : toute la balance (8 micros sur la scène, 11 sur l’orchestre, 5 sur les solistes) devait être effectuée à la base, sans filet, en stéréo et en 5.1, dans une acoustique très particulière, assez sèche et très claire, l’orchestre ne se trouvant pas dans une fosse mais au même niveau que tout le monde. Heureusement, Jean-Marie était servi par une disposition sur scène « figeant » les chanteurs et les choristes, ce qui lui a permis de se dispenser de rampe de scène. Le public très bruyant et une machinerie peu discrète ont également représenté des défis, relevés par deux semaines de montage, et le recours discret à une réverbération Lexicon.
Pierre-Antoine Signoret, du Grenier à Sons, décrivait la « mission impossible » qu’a représentée l’enregistrement stéréo et 5.1 d’un disque de Vêpres de Vivaldi (13 choristes, 20 musiciens) à Venise. L’église envisagée à l’origine étant indisponible pour travaux, toute l’équipe s’est repliée dans un petit théâtre, dont l’acoustique était très éloignée des besoins de la musique classique. La balance a été effectuée en une heure ! L’enregistrement en 48 kHz/24 bits a fait intervenir 16 micros, avec un couple principal de Neumann 149 à l’avant, pas mal d’appoints et une tête Sennheiser équipée de micros DPA 4006 pour l’arrière. Le label Opus 111 a décidé d’inclure un SACD « best of » au coffret de CD, ce qui a nécessité une journée de mixage 5.1 supplémentaire, effectuée dans le nouveau studio multicanal du Grenier à sons, articulé autour d’une console Sony, d’écoutes Genelec et d’un System 6000 t.c. electronic.
Après toutes ces descriptions, retour aux bases, avec Christophe Anet, Responsable des Contenus Techniques chez Genelec, venu expliquer les bases du placement des enceintes dans un local et de leur interaction mutuelle, avec le talent pédagogique qui le caractérise.
Un simple système stéréophonique, avec ses deux enceintes, se révèle déjà complexe à étudier d’un point de vue acoustique, au niveau de ses interactions avec son environnement : alors imaginons ce qui se passe avec 6 points de diffusion ! Rappelons que par ailleurs, la propagation des sons est sphérique dans le grave, puis hémisphérique à partir de 200 Hz, avant de devenir directionnelle au-delà de 1 kHz. Autre facteur important : l’espace dans lequel l’enceinte rayonne. Si elle se trouve au beau milieu d’un espace infini (ou d’une grande pièce), elle raisonne dans un espace entier ; si elle est encastrée ou plaquée à un mur, elle rayonne dans un demi-espace ; si elle se trouve posée par terre et plaquée à un mur, elle rayonne dans un quart d’espace : et placée dans un coin, un huitième d’espace seulement. Chaque réduction de moitié de l’espace de rayonnement se traduit par un gain théorique de 6 dB dans les graves, où l’énergie est rayonnée de façon omnidirectionnelle ; dans la pratique, on est plus près de 4 dB, ce qui suffit déjà à provoquer des modifications spectrales importantes. C’est pour compenser ces altérations que sont prévus les switches au dos de la plupart des enceintes amplifiées du marché, avec des pentes et des fréquences de coupure différentes.
Autre phénomène, moins connu : en dessous de 200 Hz, l’énergie émise par l’enceinte vers l’arrière se réfléchit sur le mur, et vient se recombiner avec l’énergie émise à l’avant, ce qui provoque des interférences destructrices (quart de longueur d’onde), se traduisant par une courbe de réponse un peu tourmentée, présentant un creux marqué. Pour 1 mètre, la fréquence correspondante est de 86 Hz ; pour 2 m, elle est de 43 Hz, pour 3 m de 29 Hz, etc. On en déduit donc une règle générale : il faut éviter absolument de placer les enceintes entre 1 mètre et 2 mètres 50 du mur.
Première solution : on « coller » l’enceinte au mur, et on place son sélecteur de courbe de réponse dans les graves sur -4 voire -6 dB. Le premier creux théorique serait alors, par exemple, à 250 Hz, mais dans la pratique, il n’est pas perceptible, puisqu’on n’est plus vraiment dans le registre grave.
Deuxième solution : on éloigne beaucoup l’enceinte du mur, au point de retrouver une quasi-radiation en espace libre. On décale alors le premier creux de la courbe de réponse loin de la limite inférieure de réponse en fréquence, par exemple à 20 Hz, et le problème, là encore, n’est plus ressenti…
Remarquons que l’encastrement des grosses enceintes dans le mur permet de s’affranchir de ce problème.
En ce qui concerne un ensemble caisson de graves + enceintes, le problème change. Le caisson est prévu pour être posé par terre, on peut le corriger pour une radiation en demi-espace si on le plaque au mur : il importe en tous les cas de ne pas l’écarter de plus de 60 cm du mur arrière. Les satellites, eux, sont dégagés de tout souci de reproduction dans le grave ; le phénomène de recombinaison de l’énergie réfléchie par le mur arrière avec l’énergie émise vers l’avant ne se pose plus. On peut donc les placer comme on l’entend, sachant toutefois qu’au-delà d’une distance de 2 mètres avec le caisson, le comportement acoustique perd beaucoup en homogénéité, et la transition vers 80
Stéréo ou Surround, avec ou sans caisson de graves, aucune configuration n’était oubliée, que ce soit au niveau des angles, des distances par rapport au mur, de l’aménagement du local d’écoute (symétrie obligatoire), des pièges à éviter (fenêtres, grands racks, hauteur des tables par rapport à la console…
Jean Michel Jarre est sous les feux de l’actualité 5.1 à bien des égards, en cette rentrée 2004 : nouveau CD/DVD (Aero), concert à Pékin sonorisé en 5.1, DVD du concert en pleine postproduction… En une intervention informelle d’une heure, il a expliqué sa conception du 5.1, sa méthode de travail multicanal en studio et en concert, son esthétique, ses idées sur les supports musicaux actuels…
(relevé intégral de l’intervention ici)


Soirée Géode


La partie « cinéma » du Forum a donné lieu cette année à une soirée « spécial Géode », en la présence de son directeur Christian Oddos, du directeur technique Patrick Sevrez, de plusieurs réalisateurs de films IMAX et de plusieurs mixeurs, dont Thierry Lebon, Antony Faust et Steven Ghouti. L’occasion de revoir des extraits de grands classiques (la nouvelle version de L’eau et les hommes, par exemple), de parler de films à venir (la BBC en a produit un sur le corps humain), et surtout de mieux connaître le dispositif de sonorisation/spatialisation de La Géode, qui comporte six canaux distincts (gauche, centre, droit, arrière gauche, arrière droit, zénith) et douze points de diffusion. Il n’y a pas de canal LFE : les deux caissons de graves sont alimentés par un système de gestion des graves filtrant les basses fréquences sur chaque canal et les sommant. Longtemps analogique (défileurs 35 mm 6 pistes), la diffusion est à présent numérique (Fairlight).
Les spécifications IMAX sont assez strictes, que ce soit au niveau du cadrage image ou des paramètres du son, mais il semble que réalisateurs comme ingénieurs du son n’hésitent pas à s’en échapper le cas échéant. Le travail préalable au mixage est possible dans n’importe quel studio, à condition de recréer les particularités du système d’écoute, mais la validation « en vraie grandeur » reste indispensable, de l’avis unanime des participants. Le CNSMDP a organisé un concours de composition électro-acoustique spécial Géode, le gagnant voyant sa pièce de 5 minutes diffusée, sans image, avant chaque séance IMAX.
(relevé intégral de la soirée ici)


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